Ma philatélie
[Réflexions, humeurs et conseils]
fermer la fenêtre

[Garibaldi]
Le héros franco-italien oublié

Si Giuseppe Garibaldi est l'un des principaux artisans de l'indépendance italienne, l'un des grands combattants de la liberté en Amérique du Sud et l'archétype de l'aventurier romantique du XIXe siècle, on méconnaît souvent ses liens avec La France.

D'abord, il naît français, le 4 juillet 1807 à Nice. Le comté a été, en effet, annexé en 1792. Lorsqu'il redevient piémontais, en 1814, le père de Garibaldi tient à conserver la nationalité française.

Contraint à l'exil en 1834 pour avoir adhéré au mouvement républicain Jeune Italie de Mazzini, Giuseppe se bat aux côtés de la République du Rio Grande do Sul, qui lutte pour son indépendance contre l'empereur du Brésil, puis pour la République d'Uruguay contre le dictateur argentin Rosas.
Projet du Comité Garibaldi
Un timbre pour Garibaldi ? Une pétition à signer est en cours.
De retour en Italie, il est, en 1849, aux côtés de Mazzini pour défendre la république Romaine. Mais il doit renoncer face au corps expéditionnaire envoyé par Napoléon III pour rétablir le pouvoir temporel du pape. Garibaldi est pourchassé par les Français comme il l'a été quelques mois plus tôt par les Autrichiens. Arrêté, exilé, Garibaldi repart en Amérique.

Dix ans plus tard, son pays fait à nouveau appel à lui pour combattre les Autrichiens. Cette fois, l'Italie parvient à faire son unité, à trois notables exceptions près : Nice et la Savoie, offertes à la France pour son aide contre l'Autriche, et Rome toujours occupée par les Français pour le compte du pape. Garibaldi s'y attaquera à deux reprises. Par deux fois, il y sera empêché, la première par les troupes italiennes, la seconde par les troupes françaises.

Autant de déceptions pour Garibaldi dont l'engagement aura été le jouet des politiciens, des accords secrets et des renversements d'alliances. Cela ne l'empêchera pas d'être, une dernière fois, un défenseur des libertés : à la chute de l'empire napoléonien, il se met au service de la jeune République française. A la tête d'une petite troupe de volontaires, il remporte, fin 1870, deux des rares victoires françaises sur les Prussiens. Ses deux fils sont à ses côtés. Le plus jeune, Ricciotti, rapportera le seul drapeau pris à l'ennemi durant la guerre franco-prussienne (drapeau toujours conservé aux Invalides).

À la fin des hostilités, Garibaldi est élu député par plusieurs villes françaises. Hélas, son élection est invalidée par l'Assemblée nationale, à majorité monarchiste, qui n'apprécie pas son engagement en faveur de l'autonomie niçoise. En signe de protestation, Victor Hugo démissionne de son mandat de député.

La fougue et l'engagement de Garibaldi pour la liberté iront bien au-delà de ses fils puisque, bien plus tard, en 1914, six de ses petits-fils s'engageront dans l'armée française dont deux seront tués en Argonne. Le clan garibaldien aura ainsi plus fait pour la France que bien des Français pur jus.  Ce même clan, nourrit aujourd'hui quelque amertume de voir que le bicentenaire de Giuseppe Garibaldi est passé sous silence par La Poste française. Il appelle à signer une pétition pour l'émission d'un tel timbre.

La Poste pourra toujours répondre qu'il est trop tard, que l'inscription au programme philatélique se fait avec un an d'avance, minimum. Mais on sait bien que, quand elle le veut ou quand le pouvoir politique l'impose, ce délai peut être réduit à quelques mois.

On a vu des "hors-programme" émis dans l'urgence, pour moins que ça...
Garibaldi, timbre de Monaco Contrairement à la France,
Monaco n'a pas manqué de célébrer

le bicentenaire du grand homme.

Tous droits réservés. 21.4.2007.

Pétition "un timbre pour Garibaldi"
Biographies de Garibaldi et de ses descendants
Garibaldi 2007 Memo Nice Rendez-vous   

Réagir à cet article.
Accueil