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Le cavalier seul de La Poste

2007_timbre_Harry-Potter
Mise en scène bien sobre pour l'une des sagas cinématographiques les plus imagées du moment.
[Harry Potter]
Quel sort pour la Fête du Timbre ?
Très attendus par les fans, les timbres Harry Potter ont été présentés à la presse le 7 février. L'information a fait un "flop", M6 ayant été la seule chaîne de télé nationale à avoir relayé l'événement.
Malgré cela, les timbres devraient être un des temps forts du programme philatélique 2007. Voire le principal temps fort, avec un retentissement mondial et, surtout, une belle promotion de la philatélie parmi le grand public.

Le choix de la bande dessinée pour la Fête du Timbre était excellent : d'Astérix, en 1999, à Spirou, l'an passé, le timbre fait parler de lui. Ce petit crochet par le sorcier héros de la littérature et du cinéma familial ne l'est pas moins : comme Tintin en son temps, Harry Potter fait une quasi unanimité parmi les 7-77 ans.

Avec un minimum d'informations dans les médias locaux, la Fête du Timbre 2007 devrait amener un nouveau public vers les associations fédérées.

A celles-ci (et non à La Poste) de transformer ces vagues amateurs de timbres en "accros" de la philatélie. D'autant qu'il y aura certainement beaucoup de jeunes parmi eux (si, vous savez, ces êtres rares et farouches qu'on a le plus grand mal à aborder et à convaincre d'habitude...). Même si cette "conversion" n'est jamais gagnée d'avance, l'occasion est unique de redonner un petit coup de fraîcheur aux associations.

Encore faudra-t-il accueillir ces visiteurs, les aborder, les renseigner, les guider, leur expliquer, leur montrer. Bref, leur parler. J'ai trop souvent vu des Fêtes du Timbre où les visiteurs entraient, faisaient un tour et repartaient sans que quiconque leur ait adressé la parole. Ah si ! pour leur proposer d'acheter un souvenir !

J'ai trop souvent vu des comptes-rendus s'appesantir sur le bilan financier ("23 euros de déficit, vous vous rendez compte !"), sur les conditions climatiques ou conjoncturelles ("il faisait trop froid" - ou "trop beau"). Mais ils oubliaient de préciser que la salle se trouvait dans une impasse d'un quartier oublié, que l'itinéraire n'était pas fléché et que les organisateurs ont passé le week-end à discuter avec les dirigeants des associations voisines, retranchés derrière un stand hermétiquement clos, aussi accueillant que le mur de Berlin.

Au diable les comptes mesquins de petits boutiquiers frileux ! Vous savez combien coûte la publicité pour faire connaître un produit ou un événement ? La Poste, qu'on critique si facilement, nous a obtenu le sujet le plus "vendeur" du moment. Pas pour remplir les caisses : pour remplir les clubs !

Aux associations d'en profiter.


2007 Timbre Harry Potter Les fans regretteront peut-être que les timbres ne reflètent pas davantage l'univers foisonnant d'Harry Potter. On notera que le titre "Harry Potter" ne figure pas sur les timbres mais à l'extérieur de ceux-ci, sur le bloc et le carnet.

Au moins le code de couleurs de La Poste est-il bien visible : rouge pour la lettre prioritaire, vert pour l'écopli, bleu pour le monde entier. Par rapport aux précédents, le carnet contient un timbre vert de plus et un timbre bleu en moins.

Quant au bloc, il réapparaît après quatre ans d'absence. Il y en avait eu pour Tintin (2000), Gaston Lagaffe (2001), Boule et Bill (2002), Lucky Luke (2003), mais plus à partir de Mickey (2004).

2007 Timbre Harry Potter Honneur rare pour Daniel Radcliffe, Emma Watson et Rupert Grint, les trois jeunes comédiens interprétant Harry Potter, Hermione et Ron : ils apparaissent de leur vivant sur des timbres français. Comme Carl Lewis et Jean-Claude Killy dans un bloc "Le Siècle au fil du timbre", en 2000.
Avant eux, un acteur et une actrice avaient connu ce même honneur, mais par hasard.
2007 Timbre Harry Potter
Tous droits réservés. 9.2.2007


Minifeuilles : La Poste fait cavalier seul
mini-feuille Harry Potter mini-feuille Harry Potter mini-feuille Harry Potter
En plus des timbres, petit bloc et carnet annoncés, La Poste va émettre trois "minifeuilles" comportant chacune cinq timbres (autocollants ?) et cinq vignettes reprenant des éléments essentiels de l'univers Harry Potter.

Ces produits appellent quelques commentaires :
--> "Mini" feuilles mais "maxi" prix : 6,50 euros l'une. A noter que la facture est identique quelle que soit la valeur des timbres, preuve supplémentaire que La Poste fabrique des produits "collector", non des objets d'affranchissement. La valeur d'affranchissement de ces feuillets est respectivement de 2,55 euros (vert), 2,70 euros (rouge), 3 à 4,30 euros (bleu, selon destination). Une fois encore, la surtaxe est énorme et injustifiée (voir timbres "pré-personnalisés").
--> Alors que je m'étonnais (à demi-mots) de l'insipidité des trois timbres, ces blocs présentent comme par magie tous les éléments qui font la richesse du roman et l'attrait des films, tous ces personnages secondaires qui ont fait le succès d'Harry Potter. C'est bien évidemment vers ces trois feuillets onéreux (19,50 euros, tout de même...) que vont se tourner les fans. Au détriment des produits ordinaires, par conséquent.
--> Ces trois feuillets sont une exclusivité de La Poste. Ils ne figurent pas dans l'offre de souvenirs des associations. Cela revient à dire que La Poste organise un événement dans l'événement. Et donc qu'elle fait cavalier seul.

Depuis cette année, La Poste a pris officiellement en main l'organisation de la Fête du Timbre (prolongée par une semaine de l'écrit) même si, localement, ce sont toujours les associations qui assurent l'essentiel du travail. Comme pour les expositions internationales, le monde associatif représente une main-d'oeuvre gratuite. Seule capable de financer de tels événements, La Poste profite de sa position de force pour tirer la couverture à elle.

Les associations risquent de s'enrhumer.
Rév 12.2.07. Photos : © Warner Bros. Entertainment Inc.

Dans le bloc Cinémathèque de 1986, deux timbres montraient Ginette Leclerc (La Femme du Boulanger) et Jean-Pierre Cargol (L'Enfant sauvage). La Poste rendait alors hommage aux films et à leur metteur en scène. Ginette Leclerc est décédée en 1992, à l'âge de 80 ans, tandis que Jean-Pierre Cargol fêtera ses 50 ans cette année.

A visiter : la Fête du timbre sur le site de la Fédération

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Je me suis souvent fait la remarque sur les souvenirs émis par les associations philatéliques : d'un intérêt philatélique limité voire nul, plutôt chers (et trop chers de toute façon), ils ne servent pas, à mon avis, la philatélie. L'impact sur les caisses des clubs est rarement bénéficiaire. Je ne vois pas pourquoi cette tradition se perpétue, surtout qu'elle me semble perçue comme un passage obligé. L'association philatélique de Concarneau a eu une démarche différente dans certains de ses souvenirs (c'était en 1984/1986...) : surcharge inter-panneau (par repoussage) en poste restante avec taxe prépayée, pli (au sens pliage de feuille et non d'enveloppe) avec des 2,10 F de carnet sans barre phosphorescente (on peut avoir de la chance !), ...
C'était un moyen de montrer des aspects différents de la philatélie.
Par contre, l'exemple, les moyens, la formation doivent venir d'en haut, de la Fédération, de l'ADPhile (Association pour le développement de la Philatélie), en s'inspirant d'en bas, c'est à dire des expériences locales réussies. Les bénévoles des associations locales n'ont généralement pas la compétence et c'est bien normal. DS.
Normal, effectivement. Mais le manque de professionnalisme n'excuse pas tout.  J'admets difficilement :
1. qu'on ne pense qu'à l'équilibre financier,
2 . qu'on néglige les visiteurs,
3. qu'on rejette la faute sur des mauvais résultats sur des éléments extérieurs,
4. qu'on n'essaie pas "de faire mieux la prochaine fois",
5. qu'on ne se pose pas de question.
Pour les souvenirs philatéliques, je suis dubitatif. Même s'ils ne brillent pas toujours par leur originalité, ils facilitent l'organisation de manifestations. Dans le cas de la Fête du Timbre, c'est évident car le ticket d'entrée (900 euros) n'est pas à la portée de tous les budgets. Mais, encore une fois, la Fête du Timbre n'a pas pour but de faire des bénéfices. C'est une action de promotion unique, que les clubs seraient incapables de mener individuellement. CJ

Je partage entièrement votre point de vue sur l'accueil des visiteurs. Je suis moi-même un jeune philatéliste, de moins en moins jeune, cela dit, puisque j'ai aujourd'hui 34 ans, mais suffisamment pour me souvenir de l'accueil que j'ai reçu et que je reçois encore, parfois, sur des salons, par des négociants, qui sans doute nous imaginent pas suffisamment fortunés pour être de bons clients.
L'année dernière, au Salon d'Automne de la Porte Champerret, j'ai questionné plusieurs négociants sur l'inaccessibilité de la philatélie francophone d'Afrique quand il est si facile de trouver chez les Anglais des timbres de leurs anciennes colonies. Je souhaitais des conseils. Pas un ne m'a bien reçu. Au mieux, on me renvoyait chez le négociant voisin. Une fois, j'ai dû attendre dix minutes que l'un d'eux daigne interrompre sa conversation avec un de ses amis.
 Ça ne donne pas une impression de grande ouverture aux nouveaux venus. Il y a vraiment du travail à faire pour rendre le monde de la philatélie accueillant. Et je partage aussi l'avis que la Poste si souvent décriée pour tout un tas de motifs, est dans son rôle lorsqu'elle choisit des thématiques susceptibles de séduire le jeune public.
Les négociants  semblent vivre dans une époque un brin révolue. Il m'est arrivé de pousser la porte de certains d'entre eux, rue Drouot. L'accueil devenait plus sympathique quand il était clair que j'allais acheter quelque chose. Avant cela, j'avais l'impression d'être un importun qui allait sans doute leur faire perdre leur temps.
Cela fait un tort considérable à la philatélie. Si les négociants, les clubs et les autres intervenants veulent survivre, ils seraient bien avisés de revoir l'accueil, avant même de songer à dépoussiérer les usages, comme s'ouvrir aux nouvelles thématiques qui peuvent intéresser les jeunes d'aujourd'hui, sans excès de jeunisme non plus. Ce n'est pas parce qu'on est "jeune" qu'on s'interesse uniquement à la BD ou au sport. J'en suis la preuve. JPM.

En profitant  de sa position de force La Poste risque d'enrhumer les associations philatéliques... je pense que les philatélistes fédérés ou non, isolés ou regroupés dans une association sont déjà enrhumés, mais qu'ils ne s'en rendent pas compte. Tant que les philatélistes voudront spéculer, La Poste sera là, avec une volonté de profit économique. À qui la faute ? J'achète des timbres pour ma correspondance et je ne spécule plus. Je pratique une philatélie d'occasion, essentiellement en marcophilie, qui demande un budget mais un budget raisonnable. Entre raison et passion, il est possible de se faire plaisir. Rendons à la philatélie le prétexte de se rencontrer et de dialoguer. Stéphane-de-Reims
Mille fois, un million de fois d'accord. CJ
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