La philatélie
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Timbre 2007 Cour des Comptes
[6 timbres pour 1]
Long décompte
Il existe parfois deux façons opposées de traiter une même information. Des façons qui ne dépendent pas d'opinions mais simplement de points de vue que l'on peut adopter tour à tour.
C'est le cas pour le bicentenaire de la Cour des Comptes, cette haute institution qui a pour mission de contrôler les comptes de l'État, des administrations et des entreprises publiques.
Chaque année, son rapport pointant d'importants mauvais usages des deniers publics est très attendu et aussitôt oublié. Mais, malgré l'indifférence dont elle fait l'objet, elle n'en reste pas moins un important instrument d'autorégulation politique et d'incitation aux économies.

L'originalité est que la France n'est pas la seule à célébrer cet anniversaire. Mayotte, Saint-Pierre-et-Miquelon, la Polynésie, Wallis-et-Futuna et la Nouvelle-Calédonie s'y sont également mis.

Timbre 2007 Cour des Comptes
Territoires : photos d'après maquettes
Point de vue pessimiste : un anniversaire, six timbres... une importante dépense pour les collectionneurs.

Point de vue optimiste : pour faire six timbres La Poste n'a fait appel qu'à un dessinateur-graveur et à décliné un même outil en six versions, plutôt que de réaliser six timbres différents, donc multiplier la note par six. Elle a ainsi réalisé une économie de circonstance.

Sauf qu'elle l'a réalisée sur le compte des collectionneurs qui se voient bien proposer six timbres là où un seul aurait sans doute suffit.

Si un tel anniversaire institutionnel fait honneur à La Poste, souvent accusée d'émettre des images colorées, le sujet ne méritait peut-être pas d'être célébré aux confins de l'Outre-mer. Les timbres répondent-ils aux préoccupations fondamentales des différents territoires ? Sans parler du style de leur philatélie... Si La Poste émet six timbres, qu'elle s'adapte aux styles des émissions des territoires.

Six timbres, ça fait beaucoup. Et d'autant plus s'il venait à l'idée des décideurs de démultiplier ainsi tous les anniversaires de nos institutions.

Comme il s'agit du budget des collectionneurs, non des dépenses publiques, la Cour des Comptes ne verra sans doute rien à redire. Il n'en reste pas moins extraordinaire que le sanctuaire de l'économie administrative serve de prétexte à une dépense record.

Il y a là un télescopage d'images et d'intérêts pour le moins surprenant.

Site de la Cour des Comptes
Tous droits réservés. 25.2.2007.
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A propos de comptes, lors du repas dominical en famille où, bien entendu, l'opportunité du retrait du timbre Ballon a fait l'objet de quelques débats, l'un de nous a demandé quel pouvait bien être le prix de revient d'un timbre en héliogravure vendu 0,54 euro. Et par là même, le prix de revient d'un timbre en taille douce du même format. A combien se chiffre, par exemple, la perte du stock de timbres "Les Justes" (arbre vert) non émis : fabriqué, expédié aux bureaux, retourné puis détruit ?
La Poste a t-elle déjà répondu à ce sujet ? Annie-du-Doubs

La Poste célèbre la Cour des comptes en France et dans cinq territoires. Bel hommage du vice à la vertu !  En effet, c'est bien un rapport de la Cour des Comptes qui a obligé La Poste à mettre fin aux privilèges dont bénéficiaient quelques récipiendaires d'épreuves de luxe et de non dentelés. Elle a remplacé cette pratique par des émissions spéciales, limitées, diffusées à quelques bénéficiaires triés sur le volet. La dernière illustration de cette contestable pratique est le fameux bloc des postiers.
De plus, il s'agit là de la distribution par un Etablissement public d'un avantage en nature - normalement cotisable et taxable - à ses employés, qui le revendent pour plus de 150 € sur les sites de vente aux enchères. Ce bout de papier coûte moins cher à l'employeur qu'une prime en bonne et due forme et rapporte, net de taxes, aux employés.
 
Ce pesant hommage à la Cour des comptes (on se demande ce que le sujet peut évoquer pour Wallis et Futuna !) ne dissuadera peut-être pas notre vénérable institution de rappeler à l'ordre un Service philatélique bien dévergondé ces dernières années. Bernard Quirin
Bien vu. Je n'apporterais qu'une minime précision : les épreuves et les non-dentelés étaient réservés à des cadres de direction de La Poste et à de hauts-fonctionnaires. Les émissions spéciales comme le bloc du début d'année peuvent être accessibles à tous les postiers, ce qui doit les rendre plus populaires. L'avantage en nature, égal à la valeur faciale, est officiellement faible. C'est l'appétit des collectionneurs pour toutes les émissions limitées ou à diffusion restreinte qui fait exploser les prix. La Poste l'a bien compris en orchestrant ces opérations spéculatives. Et, chaque fois, ce sont les philatélistes qui paient le prix fort.  CJ.
Voir également le Blog philatélie du 25.2.

Je ne suis pas vraiment d’accord avec vous sur le bicentenaire de la Cour des comptes regroupant la France et l'ensemble des territoires et pays d'Outre-mer. Est-ce réellement une dépense extraordinaire pour les philatélistes ? Les six timbres sont au prix usuel de 0,54euro (ou l'équivalent). N’exagérons pas. La Poste nous a habitués à bien pire. Sur ce plan, le cru 2007 devrait être une année encore plus inflationniste que les autres. Il suffit de voir les souvenirs philatéliques (ou commerciaux) autour d’Harry Potter, ou ceux à venir pour Albert Londres où pas moins de cinq feuillets souvenirs vont être édités autour d'un timbre, soit 15 euros. Je suis persuadé que la Poste nous en réserve d'autres autour de la série personnages Hergé au printemps prochain. Je pense qu'il est là, le problème des coûts.
Avec la Cour des comptes, on est en présence d'une émission commune normale qui a l'intérêt rare de rassembler l'ensemble des territoires de la République française autour d'une des seules institutions communes. Car contrairement à ce que sous-entend votre article, ces territoires ont souvent leurs propres institutions, et la Cour des comptes reste l’une des seules à avoir une action sur nous tous.
Il pourrait y avoir davantage d’émissions communes entre la métropole et ses territoires. L'abolition de l'esclavage, en 1998, en aurait fait une intéressante, y compris avec les pays indépendants d'Afrique francophone.
Il est dommage de critiquer l'une des premières initiatives allant dans ce sens, même si je trouve amusant de pointer le fait que c'est au sujet de la Cour des comptes, que l'on propose une dépense un peu plus importante (bien que non obligatoire du reste). Amicalement. JPM

DR 28.2.07

D’accord, ces six timbres ne sont pas des émissions abusives comme les blocs-souvenirs et les timbres « pré-personnalisés ». D’accord, on n’est pas obligé de tous les acheter. Je prêche trop le libre-choix de l’achat, y compris sur les timbres de France pour être d’un autre avis. Et je défends suffisamment le rôle citoyen et culturel du timbre pour critiquer le principe d'une commémoration institutionnelle.
Mais avouez que six timbres identiques, au rabais, cela manque de panache. Quitte à faire participer les territoires, pourquoi ne pas créer des timbres différents, en harmonie avec leur style habituel ? 
Mille fois d'accord sur l'émission commune pour l'abolition de l'esclavage. Le sujet le méritait amplement. Cela nous aurait changé des émissions conjointes reposant sur de simples "année de (tel pays)"  ou des rapports commerciaux. A part les très beaux timbres de France-Inde et le superbe sujet du tango franco-argentin, je n'ai pas le souvenir de récentes émissions conjointes très enthousiasmantes... CJ


Il y a quelque temps, j'ai adressé un e-mail à Phil@poste pour leur demander la référence du feuillet de 10 timbres autocollants sur le bicentenaire de la Cour des comptes. Il m'a été répondu : "Ce feuillet n'est pas en vente. C'est un feuillet de TPP qui a été émis à la demande de la Cour des Comptes pour la Cour des Comptes. En revanche, le timbre émis par la Poste est un timbre à l'unité dont la référence est 1107002." Un scandale de plus ! Et avec la CDC ! Un comble... Pierre
Scandale ? Je ne sais pas. J'ai du mal à être aussi catégorique que vous. Je reviendrai prochainement sur cette question.  En attendant, on peut s'étonner que la Cour des comptes bénéficie d'un tel bloc. Mais elle n'y est pour rien. Elle ne fait que commander un produit déjà existant (Coeurs pour les maisons de couture, Rotary...). Un produit postal (utilitaire) et non ces "petits cadeaux" qu'elle a condamnés (voir réaction de Bernard Quirin, ci-dessus). CJ
DR 14.02.07
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