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Ma philatélie
[Réflexions, humeurs et conseils]
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Premiers tirages millésimés sur demande !
La Poste ne sait plus quoi inventer pour court-circuiter la collection de timbres. Après les cohortes d'images protéiformes, les timbres disponibles uniquement sur Internet et les émissions "privées officielles", elle a inventé la vente par correspondance des premières dates de tirages des Marianne de Beaujard.

Petite explication technique pour les débutants.
Les besoins en timbres Marianne étant permanents pour l'affranchissement du courrier, ces émissions dites "d'usage courant" font régulièrement l'objet de nouveaux tirages (et non de "réimpressions" comme l'indique La Poste). Cela vaut, à rythme plus ou moins soutenu, pour toutes les valeurs (actuellement, de 1 centime à 2,18 euros). Or, pour ces timbres particuliers, la date d'impression et le numéro d'identification de la machine figurent dans la marge des feuilles. Depuis des décennies, les amateurs de timbres d'usage courant cherchent les différents tirages. 
premiers tirages
Cela peut être toutes les dates ou uniquement celles de début et de fin d'un tirage donné. La page de Philinfo annonçant l'opération.
Ou une date quelconque permettant de mettre en évidence les périodes de tirage. Quels que soient les quêtes des uns et des autres, le premier jour d'impression d'une valeur est une date remarquable. La véritable naissance de cette valeur.
Sauf que, en temps normal, la distribution des feuilles de timbres sur le territoire de métropole et d'outre-mer s'effectue au petit bonheur la chance. Des Marianne de 0,10 € imprimées le 3.10.2008 peuvent ainsi se retrouver à Toulon, en Bretagne, en Martinique et dans une ville de 500 habitants du Quercy tandis que celles du 4.10 seront toutes en région parisienne et à La Réunion. Et ainsi de suite pour toutes les valeurs et toutes les dates. Les amateurs doivent donc faire preuve de vigilance, s'informer et s'échanger des informations, disposer d'un réseau de correspondants dans toute la France comme celui de la Sococodami(*). Et c'est cette "organisation" qui rend cette collection si particulière. Parce qu'ils sont attentifs à l'impression des timbres, les chercheurs de tirages sont parmi les principaux découvreurs de variétés (**). Or, voilà que La Poste a décidé de commercialiser elle-même deux mille feuilles de chaque valeur Marianne de Beaujard à la date du premier tirage. Cela appelle quelques commentaires :
- l'ensemble des treize feuilles coûte la bagatelle de 1 007 euros. Même si l'on ne conserve que les exemplaires attenants aux marges datées, utilisant les autres timbres à l'affranchissement, la mise de fonds est importante et Phil@poste soigne son chiffre d'affaires.
- la formule n'a rien d'innovant. En librairie, cela s'appelle une édition originale. Sauf qu'il s'agit alors de livres imprimés sur des papiers de qualité supérieure. Formule interdite à La Poste depuis que ses "épreuves de luxe" à tirages limités ont été critiquées par la Cour des Comptes.
La Poste ne dit pas si les feuilles seront numérotées de 1 à 2 000. Mais, dans tous les cas, la philatélie n'est pas la bibliophilie.
- une journée d'impression, cela peut faire plusieurs dizaines de milliers de feuilles. Malgré cela, il est arrivé que des premiers tirages passent inaperçus et ne soient récupérés qu'en très petit nombre. Les 2 000 exemplaires mis en vente par La Poste (si tant est qu'ils se vendent) risquent d'être plus communs et de moindre intérêt pour les connaisseurs.
- La Poste vient proposer une formule "clé en main" là où, depuis plus de quatre-vingt cinq ans, des amateurs traquaient l'oiseau rare. Ce n'est pas seulement une aseptisation de la philatélie que La Poste nous propose mais une véritable normalisation. Aucun espace de fantaisie, de liberté, d'incertitude ne doit lui échapper. Cette volonté manifeste de tout contrôler, de récupérer à son profit la moindre parcelle de philatélie encore indépendante n'augure rien de bon pour le devenir de notre passion. Il ne reste plus à Phil@poste qu'à mettre en pratique cette hallucinante suggestion émise lors des états généraux de la philatélie : imprimer sciemment et commercialiser des variétés.

Si un jour La Poste franchit le pas (aucune extravagance n'est désormais à exclure), nous saurons que non seulement elle a tué la philatélie mais encore qu'elle l'a enterré à six pieds sous terre. CJ
22.10.08
PS : autre chef-d'oeuvre de marketing (mais pas de philatélie) du mois d'octobre : Phil@poste offre une Marianne de 5 euros avec support numéroté aux cent premières commandes d'au moins 150 euros. Désormais, c'est l'emballage qui est censé donner de la valeur au timbre. "Une date à marquer d'une pierre d'argent dans vos agendas", insiste Philinfo. Je me demande où il vont chercher tout ça.


(*) Société des collectionneurs de coins datés et millésimes. Site
(**) Timbres dont l'aspect diffère de la normalité suite à un problème d'impression, de dentelure, une erreur de papier, un encrage inadéquat, etc. Dans tous les cas, les variétés proviennent d'une modification accidentelle, non d'une fabrication volontaire. Pas nécessairement de grande valeur mais souvent originales.

Tous droits réservés. maphilatelie.com

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Saluons ce coup de génie marketing. La Poste a probablement compris que la collection de nouveautés était moribonde. Il est vrai qu’elle a largement contribué à sa désaffection par la multiplicité des émissions et les nombreuses présentations d’un même timbre (autocollants, etc.) Il s’agit donc de tirer les dernières cartouches et de faire flèche de tout bois, le plus rapidement possible et de la façon la plus onéreuse, tant qu’il restera des collectionneurs de nouveautés. Aussi, nous pourrions lui suggérer :
1- de commercialiser des carnets aristo et super-aristo (note : carnets présentant des marques de fabrication comme les repères électroniques et des carrés noirs)
2- de commercialiser des Marianne autocollantes pour entreprises en édition réservée aux collectionneurs
3- pour chaque nouveau timbre, de prévoir un feuillet, ou même cinq feuillets (comme le récent France Canada) souvenirs
4- d’y ajouter un prêt-à-poster (PàP) ou, mieux, une série de PàP avec le même timbre et des illustrations différentes
5- de vendre chaque nouveau timbre dans un encart plastifié numéroté (comme la Marianne en argent)
6- de prévoir pour chaque série de timbres un bloc en deux versions (dentelé et gommé et autocollant)
7- d’introduire dans chaque feuille de timbres un timbre avec une infime différence qui en ferait une variété
8- d’émettre des timbres surchargés pour la Corse et les différentes îles de métropole et d’outre-mer, y compris pour celles qui ne comptent pas d’habitants (Clipperton)
9- de commercialiser les timbres en feuilles normales mais aussi en mini-feuilles de 10 (comme les Poste aérienne)
10- de vendre, comme le fait la poste autrichienne, une « épreuve » en noir de chaque nouveau timbre émis
11- d’imprimer toutes les feuilles de timbres avec des coins datés
On n’arrête pas le progrès ! BQ
23.10.08

Je partage largement cette analyse. Sur mon blog, je fais une réponse technique à cette vente (en particulier sur la réalité des dates !). Le rôle de la Sococodami est loin d'être inutile malgré la publication des dates de tirage dans Philinfo et malgré cette vente ! Dominique Stéphan
23.10.08

Eh oui ! Le marketing de La Poste est florissant. C'est la raison pour laquelle, comme pour beaucoup d'autres, 2009 marque la fin de ma collection de timbres de France. Je continuerai à compléter mes collections avec les timbres du passé, mais je n'achèterai plus de nouveautés que pour l'affranchissement de mon courrier. PM
2.2.09



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