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Ma
philatélie [Réflexions, humeurs et conseils] |
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| [Timbres
personnalisables et "pré-personnalisés"] |
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L'art de vendre du vide |
| Faire payer un service, c'est normal. Faire payer moitié prix lorsque le service n'est pas rendu, c'est plus discutable. Présenter cela comme une fleur faite aux clients, c'est très fort. Et ça s'appelle le timbre "pré-personnalisé". | |||
| Depuis
quelques années, La Poste propose via Internet des timbres
avec vignette
attenante personnalisable.
On choisit le timbre dans un catalogue, on joint une photo et l'on
reçoit quelques semaines plus tard la seconde
imprimée
à côte du premier. Le service est
attractif car il
permet de réaliser des affranchissements originaux. Son prix
: 0,50 euro par vignette, sachant que les timbres
personnalisés sont vendus par feuillets de dix ou de quinze. Pour les collectionneurs n'ayant pas d'accès à Internet ou ne désirant pas utiliser ce service, La Poste émet des timbres "pré-personnalisés", terme abusif puisque, dans ce cas, la vignette a reçu une impression standard n'ayant pas le plus petit rapport avec un début de personnalisation. Pour corser le jeu et doubler artificiellement ses ventes, La Poste a conçu deux visuels pour remplir cette vignette : une publicité "timbre personnalisé" et un logo "Cérès". Prix de cette "pré-personnalisation" : 0,30 euro, soit 3 à 4,50 euro par feuillet. Autrement dit, un surcoût de 60 % pour des vignettes sans valeur d'affranchissement. Mieux que l'impôt sur le revenu des contribuables les plus riches. Ça rappelle ces boîtes ou ces bouteilles contenant de l'air de Paris (ou d'ailleurs) vendues aux touristes. Mais, dans ce cas, on sait qu'il s'agit d'un produit fantaisite et c'est cela qu'on paie. La "pré-personnalisation", elle, n'est pas une plaisanterie. Trois fois la surtaxe Croix-Rouge ! Là où La Poste ne doute de rien, c'est quand elle présente ces vignettes "pré-personnalisées" comme une fleur faite aux collectionneurs ! Il est vrai qu'elle est habituée, depuis plus d'un siècle, à leur faire payer des services non rendus. C'est le principe même de la collection des timbres neufs : on les achète mais on ne les utilise pas. Mais, au moins, on a toujours la possibilité de les utiliser pour leur valeur. Les seules surtaxes, jusqu'ici, étaient caritatives (au profit de la Croix-Rouge) et limitées à 20 %. La poste s'octroie donc une surtaxe trois fois supérieure, et pas pour ses oeuvres sociales... Pour les collectionneurs qui ne veulent rien manquer de ce qui sort, la note est salée : actuellement, une trentaine de feuillets sont proposés pour un montant total supérieur à 240.euros ! Ce surcoût soulève un véritable problème éthique. En revanche, sur le plan commercial, tout va bien pour La Poste : les collectionneurs achètent. Mieux, les catalogues répertorient et cotent ces timbres pré-personnalisés. Et comme certains éditeurs de catalogues sont aussi marchands de timbres, ils les vendent. Et leurs confrères aussi. Résultat, tout le monde se frotte les mains : les prix s'envolent, le marché est juteux. Dans l'euphorie générale, les collectionneurs croient faire de bonnes affaires et sont ravis de payer le prix fort. Du moins tant que leur budget suit. Quand, lassés par l'abondance des produits, ils cesseront cette collection (cela a déjà commencé), quand les timbres pré-personnalisés ne les amuseront plus, quand personne ne voudra les racheter (ou à un prix ridicule), bref, quand la mode et l'enthousiasme seront passés, un certain nombre de philatélistes auront le sentiment d'avoir été pris pour des gogos et abandonneront la philatélie en lui faisant une très mauvaise publicité. Ce n'est pas la première fois. Ces vingt dernières années, on a connu les Premiers jours, les carnets Célébrités (celui de 1985 à 500 francs, puis à 10 euros), les blocs spéciaux de Monaco, les postes locales des républiques de l'ex-Union soviétique, les blocs CNEP, les Europa... Et j'en oublie certainement. Une fois les lumières de la fête éteintes, on se dit :"Comme c'est curieux, le nombre de collectionneurs de nouveautés a encore diminué"... Ce qui est nouveau et particulièrement inquiétant, c'est que La Poste est désormais au départ de ces spéculations (voir phénomème identique avec les blocs-souvenirs). Auparavant, ce sont les négociants et les collectionneurs qui lançaient les modes sans avenir. La volonté des collectionneurs d' "être complet" les mène à la ruine ou, tout au moins à des désillusions. C'est ce sentiment que La Poste exploite de façon éhontée. Au diable ce que répertorient les catalogues ou les emplacements prévus dans les albums préimprimés ! Les timbres "pré-personnalisés" NE SONT PAS des timbres personnalisés. Ce sont des timbres superflus qui méritent l'oubli. (*) Autre exemple : après avoir négligé les entiers postaux pendant un demi-siècle, La Poste a "découvert" les prêt-à-poster et propose désormais un abonnement annuel au prix de 255.euros !!! Tous droits
réservés. Septembre 2006.
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| Vos réactions |
| Comment fait-on pour avoir des timbres personnalisés quand on n'a pas de connexion Internet ? A défaut d'une personnalisation totale, ces timbres pré-personnalisés sont une compensation. VL. |
| Le plus incroyable dans cette histoire, c'est
que ces timbres "pré-personnalisés" semblent avoir
été demandés par des philatélistes
dépourvus d'accès à Internet qui se sont sentis
frustrés de ne pas pouvoir collectionner ces feuillets.
C'est un non-sens : les feuillets en question sont destinés à un service
particulier. Les timbres existent déjà. A quoi bon les
avoir sous toutes leurs formes (sauf, bien sûr, si l'on fait une
collection spécialisée). C'est un peu comme si on
désirait acheter une voiture d'un certain modèle mais
qu'on ne parvenait pas à se contenter d'une seule couleur.
Est-ce qu'on achèterait autant de véhicule qu'il y a de
couleurs ? Ce serait aussi onéreux qu'inutile. C'est un
travers de collectionneur : "tout avoir", "surtout ne rien rater". La
Poste (et tout ceux qui fabriquent des objets de collection) savent
exploiter cette soif inextinguible. Mais avec les timbres "pré-personnalisés", La Poste a franchi une nouvelle étape, dangereuse pour la philatélie. En effet, elle aurait très bien pu créer deux types de vignettes "pré-personnalisées" pour faire exploser ses ventes (un même timbre vendu 20 ou 30 fois). Mais de savoir que des collectionneurs achètent ses timbres sans demander la contrepartie de l'affranchissement ne lui suffit plus. Elle leur fait désormais payer des suppléments pour un second service non rendu et qui, lui, ne le sera jamais. Car si l'on a toujours la possibilité d'utiliser les timbres pour leur valeur faciale (0,54 €, par exemple), la vignette "pré-personnalisée" ne sert à rien. Pas de "post-personnalisation" possible. CJ. |
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| Je me retrouve dans les opinions exprimées (...) bien qu’étant un néophyte en philatélie. J’ai 46 ans et je collectionne les timbres neufs de France depuis 3 ans, notamment en ce qui concerne les « pré-personnalisés » dont j’avais décidé d’arrêter l’achat car je sentais bien sans pouvoir l’exprimer aussi bien que vous, l’arnaque du « toujours plus de profit sur le dos des gogos de collectionneurs » … PV. |
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J’ai beaucoup apprécié votre site. J’ai envoyé récemment à Phil@poste
un courrier resté sans réponse, dont l’esprit est très proche de vos remarques
concernant les émissions récentes. Ce courrier est reproduit sur le blog de
Dominique Stephan. Bernard
Quirin |
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