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Ma
philatélie [Réflexions, humeurs et conseils] |
Vos réactions |
| [du courrier à l'album] |
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| Timbre
à collectionner ou timbre de
collection ?
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"Philatélie
: connaissance des timbres-poste
; art de les collectionner.
Timbre-poste : petite vignette, au verso enduit de gomme, vendue par l'administration des Postes et qui, collée sur un objet confié à la poste, a une valeur d'affranchissement égale au prix marqué sur son recto." (Le Nouveau Petit Robert, édition 1994). Là, je me suis aperçu que, malgré son titre, mon dictionnaire datait un peu... Le timbre-poste n'est plus nécessairement émis par une administration et son verso est parfois autocollant. À ceci près, ces définitions sont plutôt satisfaisantes. Rien de révolutionnaire : La Poste émet des timbres pour affranchir le courrier ; les philatélistes collectionnent les timbres émis par La Poste. Sauf que La Poste émet de plus en plus de produits pour les collectionneurs. Je ne parle pas de ce que La Poste nomme elle-même de beaux timbres :ils remplacent avantageusement les Marianne pour l'affranchissement. Plus esthétiques, plus intéressants que les timbres d'usage courant, ce sont eux qui peuvent séduire le grand public et, éventuellement, susciter des vocations de philatélistes. On ne devrait donc pas blâmer La Poste d'en émettre, ni de diversifier son offre (voir En finir avec une philatélie systématique) Ainsi, contrairement à beaucoup de philatélistes chevronnés, je n'ai rien contre les timbres festifs "C'est un garçon", "c'est une fille", "Félicitations", "Bon anniversaire". Le grand public les utilise largement pour envoyer des faire-part ou des voeux. Plus il utilise de timbres, plus le timbre accompagne la vie quotidienne et plus on a de chance d'intéresser de gens à la collection de timbres. Et, cela, seule La Poste pu le faire. Mais pourquoi renouveler ces timbres tous les ans ? Ce ne sont pas les mêmes personnes qui se marient ou qui annoncent un heureux événement chaque année... N'est-ce pas plutôt pour faire payer les collectionneurs fidèles ? Même chose pour le carnet Vacances. Jusqu'en 2006, il comportait dix fois le même timbre. En 2007, une série de dix timbres. Si j'envoie des cartes postales à dix amis, peu importe qu'elles soient affranchies avec le même timbre puisque chaque ami ne reçoit qu'une carte (c'est déjà bien !). Dix timbres, cela multiple d'autant la dépense des collectionneurs. Le procédé est dommageable. Il y a d'autres façons de fabriquer des objets de collection. En émettant plusieurs fois le même sous des présentations diverses : en feuille, en feuillet de dix, en bloc, en carnet autocollant. Mais, le pire, ce sont des objets éloignés de leur fonction d'affranchissement. C'était le cas des épreuves de luxe, tirages limités de timbres sur des petits rectangles de papier, c'est le cas pour les "gravures de France", leur équivalent contemporain, ou les blocs-souvenirs du type Rouge-Gorge vendus 3 euros mais n'ayant pouvoir d'affranchir qu'à hauteur de 0,50 euro. À cela s'ajoute un mode de diffusion changeant ayant pour but d'en faire des produits spéculatifs phares (voir "Le Rouge-Gorge va-t-il tuer la poule aux oeufs d'or ?"). Ce n'est pas le rôle de La Poste et c'est fort dommageable pour la philatélie. |
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| Comment tuer une collection ? | |
| Il
y a des collections naturelles et des collections
fabriquées. Dans la première
catégorie, on peut ranger les cartes postales,
les monnaies, les factures anciennes, les moulins à
café, les autographes, les minéraux, les livres,
les boutons, les buvards... Dans la seconde, les porte-clés, les pin's, les pog's, les magnets. Les unes résultent de choix personnels et restent pratiquées sans faire de bruit. Les autres ont été créées de toutes pièces, conduites par un marketing commercial tapageur avant de disparaître. Les collections naturelles ne sont pas à l'abri des dérives marketing. Quelques exemples : - les fèves. Au début, on les trouvait dans les galettes des rois. Pour fidéliser les clients, on a commencé à éditer des séries sur des thèmes variés. Si le marketing éveille le goût pour la collection, pourquoi pas... Aujourd'hui, les séries sont vendues complètes, dans de jolies boîtes, chez les boulangers. Vendues cher. - les emballages de sucre. Même histoire que les fèves. Ce qui sauve cette collection, c'est la très faible valeur de ces objets. - les bagues de cigares et les muselets de champagne. Deux chemins parallèles : des objets de luxe. Une explosion des modèles lorsque les producteurs ont compris le bénéfice qu'ils pouvaient en tirer, comme pour les fèves et les emballages de sucre. La vitolphilie s'est éteinte plus vite qu'un Havane tandis que la placomusophilie pétille encore en attendant que tout le gaz se soit échappé. - les euros. À partir de 2001, il y a eu un engouement pour la collecte des pièces étrangères. Grâce au tourisme, on a pu rapidement trouver des pièces belges, italiennes, allemandes ou espagnoles. Pour de petits pays comme le Luxembourg, c'était évidemment moins facile. On n'a pas trouvé les pièces dans le porte-monnaie, il a fallu les acheter à d'autres collectionneurs ou à des professionnels. Normal. Mais d'autres pièces, en séries limitées, sont arrivées de Finlande, Monaco, Saint-Marin. Ces pièces de cupronickel payées au prix de l'or ne vaudront plus grand-chose dans quelques années. Certaines iront rejoindre des kilos de pin's et de porte-clés rouillant dans des caisses abandonnées? Ce dernier exemple montre qu'une des collections les plus sérieuses n'est pas à l'abri d'un coup de folie. À chaque fois, ce sont des collectionneurs de circonstance, des convertis de fraîche date, qui s'enflamment le plus. Leur déception est ensuite à la hauteur des espoirs de bonnes affaires que des vendeurs peu scrupuleux leur avaient fait miroiter. Demandez aussi aux amateurs de livres, de cartes postales, de monnaies : ce sont les éditions "rares", les tirages limités, les tirés à part réservés aux collectionneurs qui s'avèrent invariablement être les plus mauvaises affaires. Pour tuer une collection, rien n'est plus sûr que de créer des objets de collection. Le degré ultime de cette arnaque est atteint actuellement par les trade cards, cartes à thèmes qu'on trouve normalement dans certains produits mais qui sont vendues par séries plus ou moins complètes. Certaines sont imprimées par millions, d'autres n'ont été tirées qu'à quelques exemplaires. Elles sont censées valoir des milliers d'euros. On vole dans les cours de récréation pour se les procurer, on rackette. Les règles du jeu ont été fixées à l'avance par l'éditeur des cartes. Ridicule, non ? Sauf qu'on a fait de même avec des produits philatéliques, des dizaines de fois, bien avant que la Poste s'y mette. Combien vaut actuellement le carnet Célébrités de 1985 qui s'est vendu jusqu'à 800 francs (120 euros) ? Et les blocs spéciaux de Monaco, quelle est leur valeur, actuellement ? L'administration des postes avait évité de tomber dans ces travers. Phil@poste, comme la plupart des postes d'aujourd'hui, est dans une logique commerciale. Et si La Poste propose, les collectionneurs disposent. Mieux informés, mieux formés, ils ne se précipiteraient pas sur tout ce qui brille. Dans un de ses sketches, Coluche disait: "Vous n'êtes pas raisonnable non plus. Quand je pense qu'il suffirait que les gens de les achètent plus pour que ça se vende pas." |
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| Chacun son métier... | |
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Non seulement le
collectionneurs achètent
mais, parfois, ils en redemandent.
Je me souviens d'une discussion avec un président de club, juré régional (et aussi marchand marron...) à propos des nouveaux produits philatéliques de La Poste. Je critiquais la prolifération des blocs spéciaux de type Rouge-Gorge, vendus 3 euros pour une valeur faciale de 0,50 euro. Lui, les trouve parfaits (il faut dire qu'en les vendant 150 ou 200 euros, il a de quoi les aimer), contrairement à la Marianne de Lamouche de 5 € en argent qu'il juge "impossible à collectionner". Motif : trop épais, ce timbre s'insère difficilement dans les pochettes transparentes. Incroyable ! Ce "multicartes" de la philatélie, responsable fédéral (!) trouve formidable une émission spéculative quasi abusive et rejette un vrai timbre pouvant affranchir du courrier le plus normalement du monde ! Autrement dit, il préfère un objet de collection à un objet qu'on peut collectionner. Quels conseils ce président de club peut-il prodiguer à ses sociétaires ? C'est pourtant bien aux associations que revient la responsabilité de transformer de vagues amateurs de timbres en philatélistes convaincus. Et dans une moindre mesure, à la presse et aux négociants qui jouent trop rarement le rôle de conseil en collection. La Poste qui devrait être la porte d'entrée de la philatélie veut jouer un rôle central. Certes, elle est la seule à avoir les moyens d'organiser un Salon du Timbre et de l'Écrit biennal. Mais elle ne doit pas oublier qu'elle le finance en grande partie avec des timbres achetés par ses clients philatélistes. Or, qu'y voit-on ? De sympathiques animations majoritairement extra-philatéliques, des stands de négociants, une exposition considérée comme un passage obligé et, surout, une grand-messe de Phil@poste avec une profusion de nouveautés et de produits philatéliques. Sans oublier les bénévoles des associations, main-d'oeuvre d'exécution gratuite. Même chose pour la Fête du Timbre. Depuis cette année, La Poste est officiellement organisatrice. Mais, sur place, le travail reste assuré par les associations. Cela n'a pas empêché La Poste de se réserver la commercialisation de feuillets spéciaux hautement surtaxés (voir Bilan de la Fête du Timbre 2007). Maintenant, Phil@poste créé son propre club. Ce n'est pas une bonne nouvelle pour la philatélie. Je ne peux m'empêcher de penser au Bureau national de vente des télécartes (BNVT) mis en place par France Télécom en 1991 pour commercialiser toutes les télécartes publiques et privées mises en service. Une façon d'organiser la collection et de ne rater aucune vente. La collection des télécartes est moribonde, le site du BNVT a fermé le 31 mars 2007. Les collections commerciales ne durent pas. Même si la philatélie repose sur des bases solides, elle n'a rien à gagner d'être présentée comme ces tocades "modernes" d'objets fabriqués pour des consommateurs se prenant pour des collectionneurs. Il y a suffisamment de caisses de porte-clés et de pin's rouillés, n'ajoutons pas de produits philatéliques jaunis. De plus, les objectifs, les missions et les budgets du groupe La Poste peuvent changer du jour au lendemain. Rien de pérenne ne peut être entrepris en dehors d'un tissu associatif solide. Mieux vaudrait fournir aux associations les outils et les formations pour mieux accueillir les collectionneurs. La Poste doit favoriser la philatélie, pas la prendre en main. Chacun son métier, les timbres seront bien gardés. |
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| Articles connexes : -- En finir avec une philatélie systématique -- Le Rouge-Gorge va-t-il tuer la poule aux oeufs d'or ? -- L'art de vendre du vide -- La Philatélie, pour quoi faire ? |
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| Tous droits réservés 12.6.2007 |
| Vos réactions |
| 1
- Vous dénoncez
à juste titre l’attitude d’un
président de club. Personnellement, j’affranchis
certains de mes recommandés pour
l’étranger avec la Marianne en argent et je suis
content de le faire, parce que cela fait plaisir à mes
correspondants. 2 - J’ai, un moment, essayé de collectionner les timbres d’usage courant. C’est devenu impossible, La Poste ayant multiplié les tirages confidentiels de Marianne de Lamouche : feuillets pré-personnalisés et personnalisables, PAP non diffusés par Philaposte etc.. Il faut aujourd’hui être retraité (pour avoir du temps) et doté d’un gros budget, sans être sûr pour autant, faute de faire partie du cercle restreint des initiés, de tout trouver. BQ |
| 1 - Le timbre a
été acheté mais je ne suis
pas certain qu'il aura beaucoup servi. 2 - C'est l'exemple de "vrais" timbres (destinés uniquement à l'affranchissement) pollués par des produits de collection. Ces feuillets pré-personnalisés sont une des plaies de la philatélie. Mais si vous relisez l'article que je leur ai consacré, ils ont été RÉCLAMÉS PAR LES COLLECTIONNEURS mécontents de ne pas les avoir dans leurs albums. Même chose pour le bloc Rouge-Gorge que La Poste ne voyait que comme un produit dérivé. Ce sont les philatélistes et quelques marchands influents qui ont fait son succès commercial. Voyant l'engouement suscité par ce type de bloc, La Poste en émet toujours. Elle a beau ne pas encourager officiellement ses clients à tout acheter, elle profite largement de ce "syndrome de la case vide". La Poste cogne fort mais ce sont les collectionneurs qui fournissent le bâton... CJ DR
14.6.07
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| Vous écrivez que La Poste s'intéresse à la philatélie alors qu'elle ne devrait s'occuper que d'affranchissements. Si c’était le cas, elle ne ferait plus que la promotion d’affranchissements informatiques, comme cela se pratique déjà aux États-Unis ou en Allemagne. BQ |
| En
poussant le raisonnement à l'extrême, c'est cela.
Les
collectionneurs de lampes à pétrole demandent-ils
à EDF de fabriquer encore ces moyens
d'éclairage
surannés ? Les amateurs de veilles voitures se moquent
éperdument des airbags ou de l'informatique
embarquée.
Dans d'autres collections, la part des nouveautés est
mineure,
voire négligeable (cartes postales, monnaies).
En philatélie, c'est le contraire. Tant mieux, c'est sans
doute
ce qui fait la vivacité de notre collection. Mais que : 1 - La Poste fasse de beaux affranchissements philatéliques pour attirer un public toujours renouvelé. 2 - les composantes de la philatélie, avec l'aide de La Poste, sachent "convertir" ces amateurs en collectionneurs avertis. 3 - ce faisant, les philatélistes s'intéressent à une philatélie plus ancienne, variée, thématique, historique, marcophile, et cessent de réclamer à La Poste des timbres comme-ci, des timbres comme-ça. Mais qu'au contraire, ils se réjouissent de voir La Poste coller à l'actualité et aux événements de la vie courante. Pour mieux séduire le grand public et, notamment, les moins de 40 ans. L'affranchissement informatisé est le résultat d'un progrès technologique souhaitable. Mais la qualité de vie suit aussi d'autres voies. En faisant campagne pour l'écriture, l'envoi de lettres affranchies avec soin entre particuliers, La Poste replace le timbre au coeur de relations humaines de qualité. Et, ainsi, elle affirme que le timbre est un objet d'affranchissement toujours d'actualité. La voiture n'a pas tué les balades du dimanche à vélo dans la campagne. Au contraire, elle les rend encore plus nécessaires. CJ DR 18.6.07
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Je suis un peu
étonné après avoir
lu que le carnet PC de 1985 s'est vendu jusqu'à 130
euros car je viens d'en acheter un sur Delcampe 8 euros (non
plié). JMC
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| Ce sont les joies (?) de la
spéculation. Un produit artificiellement soutenu
crève le plafond. Tant qu'il y a des offres d'achat, les
prix restent élevés. Et quand les investisseurs
(souvent mal conseillés) mettent leur stock sur le
marché, les prix s'effondrent. C'est un peu comme
à la bourse sauf que, contrairement aux valeurs
boursières qui peuvent repartir grâce à
des facteurs objectifs comme la consommation, les
bénéfices de l'entreprise, de nouveaux
débouchés, etc., les timbres
délaissés restent pour toujours au plus bas.
Voilà pourquoi vous ne me verrez jamais encourager la
spéculation. Mais, 8 euros, ça me
paraît être une bonne affaire. CJ DR 1.7.07
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