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Ma philatélie
[Réflexions, humeurs et conseils]
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Démonétiser ou boycotter les timbres en francs ?
Sous le titre "Boycottons le courrier affranchi en francs", un article de libre-opinion paru dans La Gazette de PHILAPOSTEL™, l'Association des postiers philatélistes, relance le débat qui avait animé le milieu de la philatélie lors du changement francs-euros. Une remise sur le tapis plutôt rude car l'auteur, un certain HCL (comme "acide chlorhydrique" !) encourage les collectionneurs à refuser toute lettre affranchie en francs pour inciter les pouvoirs publics à démonétiser ces timbres, mesure qui, en son temps, "aurait pu être un bienfait et une relance de la collection de timbres-poste". Voir.

Quid de la démonétisation ?
Pour étayer son affirmation, HCL affirme que "les numismates l'ont bien compris et les marchands de classeurs pour pièces ne cessent de voir affluer les jeunes qui cherchent dans l’Europe de la zone euro les précieuses petites monnaies. Ces jeunes qui courent après les pièces et qui ne courent plus après les timbres et pourtant ils leur en coûte plus cher." C'est bien méconnaître la réalité.
1 : les numismates ne sont pour rien dans la démonétisation de la monnaie. La décision vient des États européens, selon des modalités qui leur étaient propres. Normal : pièces et billets sont des modes de paiement au quotidien. Le voisinage francs-euros ne pouvait pas s'éterniser.
Les timbres matérialisent le paiement anticipé d'un service, l'affranchissement du courrier. D'un point de vue pratique, ce n'est pas tout à fait la même chose.
2 : à ma connaissance, la disparition des francs de nos porte-monnaie a rapidement entraîné une grande désaffection pour leur collection. Bien sûr, ça ne concerne pas les raretés de l'ancien régime ou les monnaies d'or -  comme les grands classiques de la philatélie elles échappent aux mouvements de mode - mais aux petites pièces du XXe siècle. Demandez également aux philatélistes allemands, professionnels et particuliers, ce qu'ils pensent de leur démonétisation intervenue le 1er juillet 2002. Elle a eu un effet catastrophique sur la collection et la valeur des timbres en marks. Tout un pan de la philatélie allemande s'est retrouvé sinistré du jour au lendemain.
Quant à l'engouement pour les pièces en euros, il est sensiblement en baisse et n'est pas exempt d'excès. Pendant des années on a vendu à prix d'or des euros de Monaco ou de Saint-Marin fabriqués spécialement pour les collectionneurs. Je ne suis pas certain que ceux-ci retrouvent leurs investissements. Il y a des engouements dont on se passerait volontiers.
3 : selon HCL, "les quelques gâteux dotés d'un archaïsme légendaire qui influencent la philatélie en France, ont gagné pour le moment la partie". Je ne sais pas de qui il parle. Lorsqu'il a été question de démonétiser, La Poste était opposée à l'échange des timbres en francs. Ce qui a suscité une levée de boucliers fort compréhensible. Parmi les philatélistes, il y a ceux qui défendaient le système d'échange et ceux qui refusaient toute démonétisation. Ce dernier point de vue a prévalu. Il était, je pense, largement majoritaire.
Personnellement, j'ai toujours du mal à avoir un avis tranché. Mais, si l'on en croit ce qui s'est passé à l'étranger, la solution française ne semble pas si mauvaise.
Cela n'élude pas la question fondamentale : est-il opportun de démonétiser les timbres en francs ?
Démonétiser maintenant ?
Depuis sept ans, une certaine quantité de timbres en francs est passée en affranchissement de courrier, permettant d'apurer un peu les stocks. Mais ceux-ci semblent encore conséquents. Une démonétisation maintenant aurait sans doute moins de conséquences qu'en 2002. Encore faudrait-il prévenir les collectionneurs suffisamment à l'avance pour éviter les mouvements de panique et procéder à un échange, ce qui ne devrait pas plus convenir à La Poste qu'hier.
Mais si on s'est épargné une démonétisation en 2002, à quoi bon la provoquer aujourd'hui ? La demande émanant des postiers philatélistes, j'imagine (mais ceci n'est pas exprimé dans l'article) que les affranchissements en francs (et plus encore en anciens francs !) peuvent compliquer la tâche de leurs collègues guichetiers. De tels affranchissements ne devraient pas être très fréquents car les philatélistes doivent être les seuls à en pratiquer encore.
Les combinaisons francs-euros sont sans doute plus agaçantes car elles compliquent encore le contrôle. Je les déconseille vivement. Les postiers n'ont pas le temps de faire trois additions et une multiplication pour vérifier si votre recommandé est au bon tarif. Une seule monnaie, SVP ! Nous ne sommes pas là pour accaparer leur disponibilité. Il y a assez de temps d'attente dans les bureaux de poste pour ne pas en rajouter !

Pourquoi boycotter ?
Mais HCL va beaucoup plus loin. Pour lui, "il faut influencer la décision politique, [...] boycotter le courrier affranchi en francs". Sa méthode consiste à barrer les lettres d'une croix sans les ouvrir, à y inscrire "refusée", à y ajouter éventuellement "affranchissement vieux jeu",  et à les remettre à la boîte. Selon lui, le règlement postal autorise cette procédure de refus. Je demande à voir. Mais, sans attendre l'énoncé du règlement, je demande à HCL ce qui l'autorise à refuser un affranchissement que l'expéditeur a payé et que La Poste a pris la peine d'acheminer.
1 : les timbres ont une valeur légale tant que l'opérateur qui effectue le travail (La Poste, en l'occurrence) les accepte et tant d'une décision légale (démonétisation) ne les pas mis hors-cours. C'est le cas des timbres en francs, à de rares exceptions près.
2 : la dépense de l'expéditeur n'était-elle pas valable parce qu'elle était réalisée en francs ? Moi qui croyais que ces francs valaient des euros sur la base de 1 € = 6,55957 FF...

Il faut un peu plus de 3,54 F pour affranchir une lettre ordinaire aujourd'hui (l'équivalent de 0,54 €). Si ces 3,54 F sont acquittés au moyen de timbres achetés en 1967, compte tenu de l'érosion monétaire, ils correspondent à 3,57 € d'aujourd'hui. Soit près de sept fois la mise de départ.
Et vous voulez refuser une simple lettre affranchie à plus de 23 francs ? Ce n'est pas sérieux.
Je n'ai rien contre les pétitions ni les "fronts du refus" s'ils défendent une juste cause. Mais pas pour des caprices ou de simples mouvements d'humeur. HCL ne m'a pas convaincu du bien-fondé de la démonétisation et encore moins du boycott destiné à imposer celle-ci aux services publics.
Tous droits réservés. maphilatelie.com 15.11.07
Site de PHILAPOSTEL™

Vos réactions
On peut refuser une lettre, mais, dans ce cas, le destinataire ne peut pas prendre connaissance du contenu. C'est donc lui qui est pénalisé et non l'expéditeur. Belle logique que d'inciter à boycotter le courrier que l'on reçoit ! C'est l'arroseur arrosé ! Vite ! le nom  d'HCL, qu'on lui écrive... sans affranchir.  GM
La logique de cette action m'échappe également. CJ

Vous avez parfaitement le droit de refuser une lettre. Rien à voir avec le règlement postal : il suffit de la rendre à La Poste ou au facteur, ou même de barrer l'adresse et d'indiquer "Refusé" avant de la jeter dans une quelconque boîte aux lettres postale (sans l'avoir ouverte !). On ne peut tout de même pas vous forcer à accepter du courrier, pas même recommandé... Sylvain-de-La Poste
16.11.07

HCL ! Le nouveau pseudonyme de Françoise Eslinger ? Stéphane-de-Reims
Ce serait amusant. Malheureusement, j'en doute fort. CJ (PS : Françoise Eslinger est la directrice de Phil@poste).
Justement : entre "Phil@poste" et "PHILAPOSTEL™", la frontière me paraît mince ! Stéphane-de-Reims
Vous voulez dire qu'il n'y a qu' " L" ? CJ
17.11.07

La démonétisation n'a aucun sens ! Les timbres en francs doivent servir sur le courrier. Rappelons-nous que le but d'un timbre est de finir sa vie sur le courrier ! Joc
17.11.07

À part faire place nette, je ne vois pas d'arguments pour la démonétisation dans cet article. La phrase "il faut démonétiser tous les vieux rogatons qui ont été émis de 1849 à 2001" dénote un bel intégrisme car la plupart des timbres des années 1999-2001 sont libellés en francs et en euros, sans compter qu'une solution d'échange n'est pas envisagée. Là-dessus, il ne faut pas oublier que les pièces et les billets ont pu être échangés (et peuvent l'être encore, pour certains billets, jusqu'en  2012). Bientôt, l'auteur retournera à l'expéditeur une lettre affranchie avec une Marianne de Luquet sous prétexte qu'elle n'est plus en vente aux guichets !
Enfin, je ne suis pas contre la mixité F/€ sur lettre. La quasi-absence des petites faciales (1, 5 et 10 centimes) rend les timbres en francs utiles pour faire l'appoint. Exemple : une lettre affranchie à 0,54 € se révèle trop lourde et c'est 0,32 € supplémentaires qui sont nécessaire. On peut coller trois timbres à 0,10 € et deux à 0,01 € , soit cinq timbres au total. Mais il en suffira d'un ou deux pour faire cette somme en francs (2,10 F). Cette dernière composition s'oblitérant plus facilement que la 1re. BL
Oui. Bon. Admettons. Je n'en reste pas moins opposé au mélange francs/ euros, notamment sur les lettres recommandées pour lesquelles les guichetiers ont la responsabilité de vérifier que l'affranchissement est correct. Ils ont vraiment autre chose à faire. On ne peut pas, à la fois, se plaindre des délais d'attente aux guichets et ralentir de cette façon le déroulement des opérations.
Pour la petite histoire, il y a, parmi "les vieux rogatons qui ont été émis de 1849 à 2001" des babioles comme le 1 F Vermillon, le 15 c vert, les 50 F de poste aérienne. Il est vrai que personne n'aurait l'idée de les utiliser sur le courrier. Pour mémoire, un 50 F de 1936 équivaut à une dépense de 32 euros, cote pas moins de 1 500 euros mais n'affranchirait qu'à hauteur de 0,07 euro...
Avant que le principe de la démonétisation soit abandonné, il avait été envisagé de ne l'appliquer qu'aux timbres en anciens francs. Ce serait une mesure de clarification. CJ
17.11.07

J'ai souvent recours à l'affranchissement composite, sauf pour des envois recommandés. Mais je ne vois pas où est le problème du surcroît de travail pour ces pôvres guichetiers : quand on leur demande un affranchissement en euro avec des timbres actuels, ils se plient toujours avec bonne grâce à nos désirs philatéliques et, en ce qui me concerne, on ne m'a jamais proposé une lisa sur un paquet quand je demandais des timbres ; j'ai même droit en prime à l'apposition du cachet avec un soin méticuleux !
Ce n'est pas parce qu'un grincheux fume la moquette qu'il faut que la lettre s'arrête d'être acheminée. De toute façon, le timbre représentant un service à rendre, ou la poste le rend, ou elle rembourse, règle élémentaire du commerce !   Adouberry-Landes
Ne seriez-vous pas un usager particulièrement chanceux ? CJ
23.12.07

Le problème est plus complexe lorsqu'on a affaire à des usagers malhonnêtess. Il y a certes le problèmes des timbres "anciens", mais qui va s'amuser à affranchir aujourd'hui une lettre avec des timbres-poste de 1850 ? Par contre il est trop tentant de coller des timbres-poste en anciens francs qui ne sont que des centimes. Il est tentant aussi de faire usage de timbres-poste démonétisés, que presque aucun  employé de guichet ne connaît. Le problème est celui de l'entreprise La Poste mais pas celui du collectionneur qui liquide ainsi ses stocks. Mais aussi ceux de personnes qui ne savent que faire des vignettes accumulées par leur collectionneur de mari et dont aucun négociant ne veut. Pourquoi trouve-t-on à acheter sur le marché des timbres en francs vendus en-dessous de leur valeur faciale ? Il ne faut pas oublier que le timbre-poste est une valeur fiduciaire, donc a un cours légal... Qui régule ce marché ? André Peine
Il n'y a pas de cours légal pour le timbre et, à ma connaissance, rien n'interdit de les vendre au-dessous de leur valeur faciale. Quand il s'agit pour des héritiers de se défaire d'une collection qui ne les intéresse pas, cela se comprend : ils veulent juste "en tirer quelque chose", même si ce n'est qu'une partie de l'investissement de départ. C'est plus dur à comprendre lorsqu'il s'agit de feuilles entières de timbres qui ont été émis il y a quelques mois. Dans ce cas, la vente à perte peut laisser penser qu'il s'agit d'un vol ou d'un blanchiment d'argent. CJ
23.12.07



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