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philatélie [Réflexions, humeurs et conseils] |
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| Privatisation |
| La Poste, société anonyme en 2009 ? |
| Selon le quotidien Le
Monde, La Poste envisage de
changer son statut d'exploitant autonome de droit public pour celui de
société anonyme. Objectif : "financer
sa croissance à l'approche de la
libéralisation du marché européen du courrier en 2011"
pour
concurrencer, sur le plan économique, les géants que sont le
Néerlandais TNT et l'Allemand Deutsche Post. Autrement dit, La Poste
est sur la voie de l'introduction en bourse et
de la privatisation. Toujours selon Le Monde, l'actionnariat serait largement ouvert aux salariés de La Poste, ce qui ne modifierait en rien l'évolution annoncée. France Télécom et EDF avaient, en leur temps, suivi cette démarche destinée à prévenir les tensions sociales. De leur côté, les syndicats ont déjà vivement réagi à cette privatisation programmée. Pour Sud-PTT, le changement de statut entraînerait La Poste "dans une logique exclusivement financière, une logique incompatible avec le service public". Il y a quelques jours, sur l'antenne de France Inter, l'ancien président de la République Valéry Giscard d'Estaing, européen convaincu (il était le principal rédacteur de la constitution repoussée par référendum par les Français), déclarait que certains domaines de service public n'auraient pas dû être ouverts à la concurrence européenne. Et, comme premier exemple, il citait l'activité du courrier... CJ 4.7.08
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| Le 10 juillet, à l'issu d'un conseil
d'administration
extraordinaire, le président de La Poste, Jean-Paul Bailly, a précisé
que "la
réflexion engagée [sur l’évolution de la forme
juridique de la Poste],
prématurément rendue publique vendredi 4
juillet, se poursuivrait dans les prochaines semaines, mais que pour
l’heure, aucun dossier n’a été présenté à l’État." Selon Le Figaro, Jean-Paul Bailly aurait annoncé au CA que la privatisation partielle (20 % du capital, dont 2 à 3 % réservés aux salariés) aura sans doute lieu en 2010... Le projet de changement de statut sera présenté aux administrateurs, aux organisations syndicales et au gouvernement à la rentrée. Selon l'AFP, le président de La Poste a annoncé que "le changement de statut [sera inscrit] dans une loi en 2009". De son côté, la ministre de l'Économie, Christine Lagarde, affirme n'avoir été "saisie d'aucun projet spécifique"... CJ 17.7.08
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| Un peu de recul.
Pendant plus d'un quart de siècle, des administrations essentielles à
la vie de notre pays ont été abandonnées.
Abandonnées d'abord (et cela remonte à 1945 !) aux syndicats, qui se
sont préoccupés uniquement des avantages des fonctionnaires, sans aucun
souci - quoiqu'ils en disent - du "service public".
Abandonnées à une gestion calamiteuse par des hauts fonctionnaires,
plus soucieux de leur carrière et de plaire aux pouvoirs en place qu'à
leur mission : assurer et développer un service pour tous.
Il en a résulté un déficit catastrophique des grandes administrations : SNCF (voir la dette de Réseau Ferré de France), France Télécom (à des gogos qui ont acheté des actions lors de la privatisation), EDF, etc. Si des tours de passe-passe successifs n'avaient pas eu lieu, ces entreprises, que l'on dit publiques, auraient fait faillite, incapables de faire face à leurs engagements vis à vis de leurs retraités. La Poste a fait illusion... un certain temps. C'est fini. La dure réalité est : un service de plus en plus dégradé, des tarifs de plus en plus élevés et, en ce qui concerne les philatélistes, une politique d'émission de timbres... qui frôle l'illégalité (voir les arrêtés ministériels qui autorisent les émissions mais qui ne cautionnent pas les multiples présentations du même timbre). C'est fini. La Poste est moribonde. La privatiser partiellement est une manoeuvre. La Caisse des Dépôts et Consignation n'est rien d'autre qu'une émanation directe de l'État (1). D'ailleurs, le président de la République envisage d'en faire un "fonds souverain" (2). On renfloue La Poste avec des fonds publics, une fois de plus. Les syndicats ont beau jeu de crier à la privatisation et de craindre pour le service public. Cela fait longtemps que ce n'est plus qu'un mot vide de sens. Les "usagers" vont payer trois fois La Poste pour les services, pour la Caisse des Dépôts, et pour les retraites des Postiers. Et encore ! La Poste dispose d'un reste de monopôle pour quelques années... GM |
| Notes
: (1) La Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) a été pressentie pour entrer dans le capital de La Poste. S'agissant d'un établissement public qualifié de "bras financier de l'État", la "privatisation" risque, dans un premier temps, d'être réalisée avec des fonds publics, c'est-à-dire l'argent des contribuables... (2) Fonds souverain : très grande banque gouvernementale gérant les excédents de richesse nationale, généralement hors des circuits d'investissements à risque. |
| Si les gabegies de
l'administration détériorent les services publics, je
ne suis
pas certain que les privatisations constituent toujours de bons
remèdes. Dans certains domaines technologiques ou financiers, elles
paraissaient souhaitables et inévitables
(Air France, France
Télécom, secteur bancaire). Dans d'autres, elles ont
donné
des résultats catastrophiques : chemins de fer britanniques,
électricité californienne... Quitte à paraître passéiste, je crois que les grandes nationalisations d'après-guerre avaient, entre autres, des motivations de défense et d'indépendance : Renault parce que ses dirigeants avait été accusés de collaboration avec les nazis, la SNCF parce que les compagnies privées de 1939 avaient fait preuve d'inefficacité dans le transport militaire, les mines et la sidérurgie parce que la maîtrise de l'énergie était garante de l'indépendance nationale. Aujourd'hui, après GDF-Suez, la privatisation du nucléaire est d'actualité. L'atome n'est-il plus un enjeu stratégique ? Entre quelles mains les acteurs du nucléaire peuvent-ils tomber ? Quand les trains britanniques ont été mal entretenus par souci de rentabilité immédiate, des accidents ont causé la mort de quelques dizaines de passagers. Avec Tchernobyl (centrale étatique mais d'un État incompétent et corrompu), les mêmes incuries ont irradié 600 000 personnes et contaminés des milliers de kilomètres carrés pour trente ans ! À La Poste, l'enjeu est heureusement moins dramatique mais la mission de service public est réelle. Certes, elle est inscrite dans la loi. Mais plus le pouvoir économique s'affirme, plus le pouvoir politique décline, plus la loi est fragile. S'il suffit d'un claquement de doigt pour faire disparaître la publicité sur les chaînes de télévision publiques, un trait de plume, entériné par une majorité docile (depuis cinquante ans, toutes les majorités le sont), peut rayer une obligation de service public. Le partenariat avec la Caisse des Dépôts, même s'il atténue la privatisation, ne serait évidemment qu'une étape intermédiaire vers une privatisation réelle. La CDC a déjà joué le rôle de "tampon" il n'y a pas si longtemps... La libre-concurrence comme garant du service universel et des libertés publiques ? Je n'y crois pas une seconde. On se prend à rêver d'une administration efficace et performante, au service de ses administrés... CJ 17.7.08
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| La SNCF a été nationalisée en 1938... GM |
| Oups
! Encore une de ces certitudes qu'on ne prend pas la peine de vérifier.
C'est le transport aérien, et notamment Air France, qui a fait l'objet
d'une complète nationalisation après-guerre. CJ 21.7.08
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| Je ne comprends pas du tout votre article : pourquoi voudriez-vous que sur un sujet de cette importance pour les salariés de La Poste, son président commence par étaler ses réflexions sur la place publique et les donne prioritairement en pâture aux internautes ? La prudence la plus élémentaire impose à l'évidence que le débat se fasse d'abord en interne, c'est-à-dire à l'intérieur de la sphère décisionnelle : dirigeants de l'entreprise + représentants de l'État actionnaire et commanditaire de son activité + représentants du personnel. MK |
| La
stratégie d'une
entreprise s'élabore et commence à être discutée au plus haut niveau,
je n'ai pas l'ombre d'un doute là-dessus. Dans le cas présent, La Poste
et l'État
sont d'accord pour dire qu'aucun plan précis n'a été présenté au
gouvernement mais que la privatisation partielle aura lieu
l'an
prochain. En général, on ne connaît pas le résultat d'un projet avant
que celui-ci ait été conçu, sauf en cas de choix politique ou
dogmatique. Ou alors, c'est que la discussion est plus engagée
qu'on ne le dit. Mais peu importe ces petits paravents médiatiques. Ce
qui me gêne davantage, c'est quand le président d'une
entreprise de service public en voie de privatisation annonce,
un
an à l'avance, que les députés
et les sénateurs voteront une loi ouvrant le capital de son entreprise
aux investisseurs privés. Une conception de la démocratie et
du
pouvoir législatif qui me fait nettement moins sourire. À
quoi
servent nos institutions ? Le rôle du
Parlement ne vient-il pas d'être renforcé ou ne sera-t-il qu'une
chambre d'enregistrement ? CJ
30.7.08
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| On parle d'Europe quand çà arrange, mais où se trouve notre identité française dans tout cela ? Aller dans un bureau de poste aujourd'hui est une vraie galère ! (enfin les bureaux qui restent, surtout en milieu rural!). Continuons à taper sur les fonctionnaires et il n'en restera même pas assez pour assurer le minimum, ce qui est le cas dans certaines régions, il suffit de voir les files d'attente. Privatiser ne changera rien. Alors gardons notre identité française. On reparlera de l'Europe bientôt et pas forcément dans le bon sens ! PB |
| Le
problème n'est pas tant l'identité nationale de la Poste que son statut
et ses obligations. Lorsqu'elle sera devenue société anonyme,
poursuivra-t-elle ses missions de service public ? Dans un premier
temps, sans doute. À moyen ou long terme, il est évident que non. Ou
alors, on lui aurait donné une autre forme juridique. Un jour, notre
service postal universel sera peut-être assuré par une Poste étrangère
tandis que la Poste française, motivée par les seuls résultats
financiers, ne s'intéressera qu'aux clients les plus
"rentables"... CJ 4.9.08
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| Une petite contribution sur ce sujet, qui provient des Archives Nationales, 72/AJ/2235. Yvon Nouazé |
| Belle trouvaille ! Un projet de privatisation vieux de 85 ans ressorti des cartons en 1941. CJ 14.9.08 |
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