![]() |
Ma
philatélie [Réflexions, humeurs et conseils] |
Vos réactions |
| Déontologie en matière d'émissions philatéliques... |
| A
chacun de ses congrès, l'Union postale universelle consacre un
peu de temps pour préciser sa charte de bonne conduite en
matière d'émissions de timbres. Une tentative pour
enrayer les dérives que l'on constate, ici et là. Si de
nombreux pays ont amélioré leur politique postale,
notamment les pays en voie de développement et des membres du
bloc communiste, ce sont désormais les pays
industrialisés qui pratiquent la surenchère. Ce code de déontologie est donc tout à l'honneur de l'UPU, même s'il n'est pas toujours respecté... |
| Commentaires | ||||
| Article 4 On pense inévitablement à certains blocs-souvenirs du type Rouge-Gorge (mais pas au bloc Rouge-Gorge lui-même, voir article) dont les tirages étaient ridiculement bas ou dont l'existence a été à peine annoncé par La Poste, si ce n'est pour dire qu'ils étaient déjà épuisés... L'UPU pourrait également préciser le statut des produits adaptés à de gros utilisateurs (entiers "sur mesure" ou timbrés sur commande, timbres autocollants pour maisons de haute-couture. CJ |
||||
| Article 4.2 Comme l'indique l'UPU, "les politiques à cet égard n'ont pas encore été fixées". On a hâte qu'elles le soient. Mais il ne sera probablement pas facile de faire adopter des critères limitatifs à des opérateurs postaux adeptes d'une politique commerciale de plus en plus débridée. On note cependant avec plaisir que l'organisation internationale demande à ses membres d'agir avec "prudence" et "d'éviter toute offre excédentaire". Mieux, elle établit un lien objectif entre une saturation du marché et un découragement des philatélistes. En attendant plus de précisions, un "referendum" précisant ce que les philatélistes considèrent comme "offre excédentaire" ne serait pas inutile. Je mettrais en tête les multiples présentations d'un même timbre : en feuille, en feuillet de 10, en bloc, en carnet, gommé, autocollant... CJ |
||||
|
||||
| Article 6.4 Cette mesure s'applique aux intermédiaires et agents commerciaux de La Poste. Apparemment pas au négoce philatélique ni aux collectionneurs individuels qui semblent libres de pratiquer des prix sous faciale au nom de la liberté du marché. CJ |
||||
| Article 7 Qui comprend la définition et la portée de cet article ? CJ |
||||
| Article 8 Ce n'est pas franchement une nouveauté. L'UPU a raison d'évoquer la "valeur secondaire" des timbres. Mais elle devrait ajouter qu'il n'appartient pas aux opérateurs postaux d'influer sur le marché philatélique, que toute tentative de faire monter artificiellement les prix ou de créer de prétendues raretés s'est immanquablement conclue par un effondrement durable des cours, tirant la philatélie toute entière vers le bas. Les exemples sont innombrables, en France et à l'étranger. Avoir conscience de cette "valeur secondaire" : oui, mais pour mieux s'interdire toute ingérence dans un domaine relevant des collectionneurs, des associations, des fédérations, du négoce, mais PAS des émetteurs de timbres ! CJ |
||||
| Droits réservés mars 2007 | ||||
| Vos réactions |
| Tout d'abord, ce code a plus une valeur de "voilà ce qu'il faudrait faire"
plutôt que "voilà ce que vous devez faire". Son existence est tout à
l'honneur de l'UPU ! Vous écrivez (Article 4.2) : "Je mettrais en tête les multiples présentations d'un même timbre : en feuille, en feuillet de 10, en bloc, en carnet, gommé, autocollant..." A ce sujet, une des sources de malentendu entre La Poste et les philatélistes est la définition même du timbre : la conception de La Poste est proche de celle du WNS (http://www.wnsstamps.ch/fr/), aussi une émanation de l'UPU : "Un timbre-poste émis par une autorité postale reçoit un numéro WNS lorsque les quatre critères suivants lui sont spécifiques : une illustration, une valeur faciale ou une indication tarifaire, une colorimétrie, un format. Lorsque l'un des critères ci-dessus diverge pour un autre timbre-poste, un numéro WNS différent est attribué. La date d'émission et la présentation (feuille, carnet, bloc-feuillet, etc.) ne sont pas des éléments pris en compte pour la numérotation WNS." La présentation (dentelé/gommé, autocollant, en carnet, feuillet...) n'entre pas dans ces critères. C'est la tradition philatélique qui attribue des numéros différents à des timbres pourtant identiques du point de vue de La Poste (et du grand public, d'ailleurs). Là où La Poste a franchi une certaine ligne, c'est avec le bloc "J'aime Paris". Le timbre, s'il reprend un visuel existant, est un nouveau timbre selon les critères du WNS et ceux des philatélistes. Pourtant il est vendu bien au dessus de la faciale, et uniquement par commande papier (pas sur le net). Mon avis sur la question : http://blog-philatelie.blogspot.com/2007/03/timbre-personnalis-jaime-paris.html |
| On peut noter au passage que le code de déontologie de l'UPU proscrit la vente des timbres-poste "à un tarif inférieur
à leur valeur nominale"
mais pas à un tarif supérieur. Avant, quand La Poste
française le faisait, c'était au profit de la
Croix-Rouge, et c'était indiqué d'une manière ou
d'une autre sur chaque timbre (ex. : "0,46 € + 0,09 €"), sur
le bloc ou sur le carnet (ex. : "donnez 1,70 € à la Croix-Rouge"). Avec les timbres "pré-personnalisés" (le feuillet "J'aime Paris" n'en est qu'un nouvel avatar), La Poste vend du vent ou des messages qui devraient être compris dans le prix normal. Et elle n'y va pas de main morte : 8,20 euros le feuillet de dix timbres n'affranchissant qu'à hauteur de 5,40 euros ! Un supplément de 2,80 euros, soit 52 % !!! Rappelons que la Croix-Rouge n'a droit qu'à 30 %... Tous les commerçants vous le diront : un prix de vente doit inclure les frais du vendeur. Que dirait-on si notre boucher voulait compter un supplément pour la ficelle du roti, un autre pour le papier d'emballage, un troisième pour la consommation électrique de sa caisse et un petit dernier pour le "Au revoir. Merci. Bonne journée !" ? La Poste va-t-elle finir par nous faire payer la dentelure sous prétexte qu'elle facilite la séparation des timbres ? Va-t-elle désormais compter un supplément pour les timbres autocollants parce qu'ils nous font économiser notre salive ? DR 2.4.07
|
|
|
| Document de l'UPU (pdf) |
Réagir à cet article. |
| Tous droits réservés 23 mars 2007. |