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philatélie [Réflexions, humeurs et conseils] |
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| Les lois
d'eBay |
| Une solution ? |
| Internet est une zone d'échanges et
d'achats particulièrement active. Dans ce domaine, la
philatélie est aux premiers rangs. Léger et de
faible
encombrement, le timbre voyage bien. De son
côté, le site
d'enchères américain eBay, fort de nombreuses
filiales
nationales, s'est imposé comme un des passages
obligés
pour les collectionneurs du monde entier. Une situation de quasi-monopole
qui doit inciter la multinationale
à être particulièrement
attentive à l'honnêteté de ses membres
et à
la bonne marche des transactions. La réalité est parfois différente. Comme tous les hébergeurs de transactions commerciales, eBay pose comme principe qu'il n'est pas responsable des ventes réalisées sur son site. Cela ne l'empêche pas d'avoir ses lois, son éthique. Son règlement interdit ainsi l'apologie de la violence, du meurtre, du racisme, du nazisme et des idéologies similaires. C'est la moindre des choses. Pour les éviter, eBay emploie des modérateurs, sortes de "vigiles" chargés de supprimer les ventes gênantes, souvent d'objets susceptibles de lui attirer des ennuis avec la justice. En 2000, Yahoo France, alors grand concurrent d'eBay, avait été condamné pour avoir accueilli des objets pouvant constituer "une apologie du nazisme ou une contestation des crimes nazis". Il s'agissait de trophées nationaux- socialistes tels que des uniformes, des drapeaux, des films de torture et même une boîte de Zyklon B, le gaz qui a causé la mort de millions d'hommes, de femmes et d'enfants dans les camps d'extermination du IIIe Reich. La crainte plutôt que l'éthique Le procès avait eu un grand retentissement dans le milieu des ventes en ligne. il s'en était suivi une onde de frilosité parmi les sites d'enchères. Ainsi, les annonces comportant des mots comme "Maréchal Pétain", "Kommandantur" ou montrant un cachet de censure à croix gammée risquent d'être retirées d'eBay. La décision est alors unilatérale, immédiate et sans appel. Inutile d'argumenter, de parler d'objets historiques témoignant des horreurs de la guerre et dénonçant, au contraire, la barbarie des bourreaux... Comme le vendeur est remboursé de ses frais de mise en vente, eBay considère que l'incident est clos. Pour ce qui est de l'honnêteté des transactions, les modérateurs d'eBay sont nettement plus démunis. Il est vrai qu'ils ne peuvent être ni experts en tout, ni omniprésents... Ce sont donc les membres, acheteurs et vendeurs, qui font leur propre service d'ordre. Ils disposent pour cela de deux armes : le signalement d'objet interdit et la notation. La seconde est, de loin, la plus efficace : un vendeur qui accumule des notes négatives peut devenir infréquentable et éprouver des difficultés à piéger de nouveaux gogos. Le problème est que les acheteurs non plus ne sont pas des experts... J'ai ainsi vu des vendeurs notés "honnêtes 100 % pur jus" ne vendre que de fausses surcharges visibles comme le nez au milieu de la figure dont certaines étaient techniquement impossibles. La lutte contre la malhonnêteté et l'escroquerie passe donc par deux impératifs : 1 : la compétence, la vigilance et l'implication des membres d'eBay ; 2 : la diligence d'eBay à appliquer ses propres règlements et à exclure les fauteurs de troubles. Deux exemples parmi d'autres montrent que ces règlements peuvent avoir des effets contraires. 1. Malheur à celui par qui le scandale arrive Il y a quelques mois, un acheteur remporte cinq enchères chez le même vendeur. Juste avant de régler, il s'aperçoit que le vendeur a porté, sous un nom d'emprunt, des enchères sur ses propres lots dans le but de gonfler artificiellement les prix atteints. Une pratique malhonnête et prohibée par eBay. L'acheteur demande l'annulation des ventes. Devant le refus du vendeur, il attribue à celui-ci cinq notes négatives et en reçoit tout autant du vendeur, par mesure de rétorsion. Le vendeur s'avérant être un tricheur patenté, eBay l'exclue légitimement de ses rangs. L'acheteur se croit alors en droit de demander l'annulation des cinq notes négatives reçues pour le simple fait d'avoir signalé l'escroquerie. "Impossible", répond eBay. Cette procédure n'est applicable que si le vendeur malhonnête est un inscrit de fraîche date. S'il a sévi durant un certain temps, cela coûte cher de le démasquer : cinq notes négatives qui entachent la réputation de l'acheteur et font de lui un malhonnête en puissance. Un comble. En bon français, on peut traduire cela par : "libre à vous de débusquer les escrocs et les fraudeurs mais il vous en cuira". Autrement dit, pour éviter d'être sanctionné, laissons les escrocs escroquer. Quant au vendeur de cette histoire, il s'est réinscrit sous un autre pseudonyme. eBay l'interdit mais n'est pas intervenu. Par bonheur, le margoulin a fini par cesser ses activités lorsqu'il a reçu trop de notes négatives de nouveaux acheteurs qu'il avait escroqués... Mais ces nouvelles escroqueries auraient pu être évitées. Le second exemple est encore plus édifiant. 2. Protection de la mauvaise foi et du margoulin Un vendeur met en ligne une photo historique décrite comme "n'étant pas une de ces mauvaises reproductions qu'on voit fleurir sur eBay". Une fois la vente réalisée, il met 13 jours à adresser la facture que l'acheteur, alors en voyage, met une semaine à régler par Paypal, le paiement en ligne d'eBay. Cette facture est gonflée par des frais inhérents à Paypal, des frais normalement à la charge du vendeur mais que celui-ci fait porter sur l'acheteur, en totale violation avec les règlements d'eBay. Mais l'acheteur tient à cette photo et s'exécute. Deux semaines plus tard, il reçoit... une simple copie réalisée le jour-même de l'enchère, comme le prouve la date inscrite au dos ! La tromperie est totale. Il adresse donc un e-mail de protestation au vendeur, lequel ne daigne pas répondre. De guerre lasse, l'acheteur attribue une note négative au vendeur, et en reçoit une en retour, ce qui était attendu. Ce qui l'était moins, c'est que le vendeur allait déclencher une procédure nettement plus grave : un avertissement pour non-paiement d'enchère. L'acheteur voit ses capacités à enchérir réduites et risque,au bout de trois avertissements de ce type, d'être exclu d'eBay. On ne plaisante pas avec les questions de paiement ! Bien sûr, l'acheteur croit à une pantalonnade. Il pense qu'eBay va immédiatement lever la sanction. Il n'est pas au bout de ses surprises. D'abord, eBay lui dit qu'il n'y a pas de preuve de paiement, qu'il faut obtenir une attestation du vendeur selon laquelle il l'a bien reçu. Pourtant, les paiements Paypal sont automatiquement enregistrés par l'informatique d'eBay. Alors, on lui rétorque qu'un paiement au bout de 20 jours est passible d'un avertissement pour non-paiement. Paiement tardif=non-paiement ? Aucun pays au monde n'a dû édicter une telle loi. eBay, si. D'autant plus étranges que, dans le cas présent, c'est le vendeur qui est très largement responsable de ce retard, puisqu'il a mis près de deux semaines pour envoyer sa facture. Rien n'y fait. Pour eBay, l'acheteur doit faire amende honorable et demander au vendeur d'avoir la gentillesse de bien vouloir retirer son avertissement.On croit rêver. Évidemment, l'acheteur à refusé de se prêter à une telle mascarade. Résultat de la procédure : l'avertissement du vendeur-escroc a annulé la note négative que lui avait donnée l'acheteur mais pas celle qu'il a envoyée en retour. Autrement dit, pour avoir dénoncé des malhonnêtetés et des violations des règlements d'eBay, celui qui en a été la victime a reçu une note négative et un avertissement. L'escroc, lui, est ressorti blanc comme la colombe, avec la bénédiction d'eBay et les félicitations du jury. Là encore, eBay sanctionne ceux qui veulent faire le ménage. Du temps des purges staliniennes, lorsque les criminels au pouvoir faisaient fusiller ceux qui réclamaient justice, il arrivait que les familles des victimes doivent payer pour récupérer le corps de leurs proches. L'arbitraire a encore une marge de progression. |
| On constate de plus en plus la
toute puissance des grosses entreprises en situation de quasi-monopole
pour imposer leurs propres lois. Et pas seulement dans le domaine
de la cyber collection. Voir,
entre autres, les fournisseurs d'accès à Internet
et les
opérateurs de téléphonie mobile, pour
ne citer que
les plus emblématiques d'un nouvel état
d'esprit : de
grandes sociétés qui entretiennent des rapports
de force
avec leurs clients, leur imposent
des règlements iniques, noient
les réclamations dans des centres d'appels
téléphoniques chargés de temporiser,
de
décourager les mécontents au moyen
de réponses
préformatéEs, inadéquates et de
ne bouger
vraiment que si la justice est saisie
par de grandes associations de
consommateurs, seules capables de faire contrepoids. C'est la loi du plus fort, le triomphe de l'arbitraire. Où est le temps du client roi et du professionnel consciencieux ? Il serait peut-être temps que les pouvoirs publics examinent de près certaines pratiques commerciales et imposent à celles-ci d'être en adéquation avec les lois nationales, le bon sens et la notion de service. Les professionnels au service de leurs clients plutôt que le contraire ? Je dois être un dinosaure. |
| Tous droits réservés 6 août 2007. |
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