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Ma philatélie
[Réflexions, humeurs et conseils]
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Fête du Timbre 2007 : oui, mais...
Fête de l'Écrit 2008 : absolument ! 

La Fête du Timbre 2007 a marqué l'amorce d'une évolution : nouvelle équipe fédérale, plus grande implication de La Poste, site Internet dédié, Semaine de l’Écrit prolongeant la fête au coeur des bureaux de poste.
Il y a eu quelques initiatives, parfois 
embryonnaires et maladroites mais exprimant la volonté d'aider les associations à animer cette manifestation : du matériel pour des ateliers de dessin et de mail-art, des affiches décoratives rappelant La Planète des Timbres (*), l’inspiration et la réflexion en moins.
Le sujet, Harry Potter, était particulièrement populaire et La Poste en a tiré davantage de produits philatéliques et de produits (voir « Quel sort pour la Fête du Timbre ? »)

Le bilan qui suit repose sur les témoignages que j'ai reçus. Dans les semaines qui viennent, la fédération sera en mesure de faire une véritable synthèse, chiffres à l'appui, car elle demande aux associations organisatrices de remplir un questionnaire assez complet. Au-delà des chiffres, ce sont les enseignements à tirer qui m'intéressent.


Bilan financier

Ce n'est pas, selon moi, l'aspect le plus important et c'est, malheureusement, celui que beaucoup d'associations mettent en avant. Le ticket d'entrée pour organiser la Fête du Timbre (900 euros) peut sembler élevé. Ce n'est pas le quart de ce qu'il faudrait dépenser pour organiser, localement, une manifestation d'une telle ampleur. Si l'on ajoute le prix des timbres pour les souvenirs, on arrive facilement à 2 500 euros. A la fin du week-end, les associations qui ont réalisé un léger bénéfice peuvent s'estimer heureuses ; celles qui déplorent un petit déficit peuvent se dire que c'est le prix à payer pour une action de promotion sans équivalent. Mais ces chiffres mettent
sur la touche toutes les petites associations et toutes les villes de faible importance, pour qui il est matériellement impossible d'assumer ces dépenses et la logistique nécessaire.

Promotion à revoir

Il n'est pas admissible de recevoir le matériel promotionnel une semaine avant la manifestation. De nombreux bénévoles ayant offert leurs services pour distribuer affiches et tracts travaillent dans la semaine. Il devient compliqué de leur transmettre le matériel, eux n'ont plus le temps de le distribuer. C'est, à l'évidence, le plus grand ratage dans l'organisation de la Fête et c'est tous les ans pareil. En d'autres temps, on aurait parlé de sabotage... Pourtant, les Fêtes du Timbre sont prévues dix-huit mois à l'avance. On ne me fera pas croire qu'il faut à chaque fois dix-huit mois moins cinq jours pour imprimer les affiches et les adresser aux clubs ! Quand on sait que la réussite dépend pour les trois quarts de la préparation et pour un seul quart de la réalisation, ces retards perpétuels constituent un sérieux handicap pour la Fête du Timbre.

Les dossiers de presse sont plutôt luxueux (donc coûteux) mais vagues, creux et vieillots. Ils annoncent les animations sans les détailler. Des animations sur lesquelles les organisateurs eux-mêmes n'avaient pas toujours d'information : concours de mail-art, ateliers, de nombreux lots à gagner... Quels lots ? C'est quoi, le mail-art pour un journaliste de la presse régionale ? On lui annonce qu'il y a aura des affiches géantes. Il est où, l'argument ? Il y aura aussi de la lumière, des murs et un toit... Le communiqué dit également : "Avec [...] son carnet "collector" dédié principalement aux jeunes (ça consiste en quoi ?), la Fête du Timbre confirme son ambition de sensibiliser de nouvelles générations au loisir du timbre." On ne le dit pas, on le fait ! De la stratégie marketing interne en guise de communication : on croit rêver ! De même, un peu plus loin : "Depuis quelques années, la Fête du Timbre et de l'Écrit a fait évoluer son positionnement de la philatélie traditionnelle vers une philatélie destinée à la jeunesse".
Ça va impressionner les journalistes, c'est certain !

Mieux : "Dans le même mouvement, la manifestation anciennement 'Journée du Timbre' a été rebaptisée 'Fête du Timbre', d'une part parce qu'elle se déroule sur deux jours, et d'autre part pour traduire sa nouvelle orientation festive et créative, ayant pour but de se rapprocher des jeunes, qui sont les philatélistes de demain. La Fête du Timbre et de l'écrit continue cette évolution, en replaçant  le timbres dans son contexte naturel !"
Alors, moi je dis :
1 : "d'une part", le journaliste s'en "tape" complètement (désolé pour cette expression triviale, mais c'est la seule qui convienne...) ;
2 : "d'autre part", qui voulez-vous faire venir avec de tels arguments ?
3 : de "troisième" part, vous remplacez "Harry Potter" par "les Schtroumpfs" et votre dossier de presse est prêt pour la prochaine Fête du Timbre.
De qui se moque-t-on ?
Cette année, nous avons eu droit à un site Internet dédié à la Fête du Timbre. Très beau, mais, là encore, tardif et bien luxueux pour le contenu qu'il offrait : interactivité réduite, positionnement hybride (destiné à la fois au grand public et aux organisateurs). Pourvu qu'il n'ait pas coûté trop cher... L'idée n'en était pas moins excellente et indispensable pour faire parler de ce rendez-vous annuel. Car c'est une de ses faiblesses : la promotion auprès du grand public. De ce côté, la Fête du Timbre semble en recule. Ma Philatélie, par Claude Jamet
Seule La Poste (ou l'ADP **, à travers elle) peut assumer une campagne de presse nationale. C'est évidemment une question de moyen, mais aussi d'idées et de professionnalisme. Je ne prétends pas connaître les solutions mais il est temps de réinventer la promotion de la Fête du Timbre. La Poste a déjà fait plusieurs pas dans cette direction avec des sujets porteurs, une volonté de dynamiser les animations et l'accueil. Il faudrait éviter de gâcher ces opportunités.

Les jeunes

La date de la Fête du Timbre convient sans doute aux Parisiens et aux zones dans lesquelles les vacances scolaires sont terminées. Dans d'autres régions, les enfants sont encore en congé. Résultat : impossible de concevoir une action en direction des écoles. N'y a-t-il personne pour prendre un calendrier avant de fixer un rendez-vous si important ?
D'après les retours que j'ai eus, le cru 2007 semble avoir été en progression un peu partout, sauf auprès des jeunes. Ils ne sont pas venus plus que d'habitude. Le timbre ne fait pas partie de leur univers. Pour changer cet état de fait, des émissions comme Harry Potter ne suffiront pas. Mais ceci est une autre histoire...


En finir avec le misérabilisme

L'une des grandes difficultés de la Fête du Timbre est qu'elle repose localement sur des bonnes volontés faites de bénévolat et d'amateurisme (au sens noble du terme). Cela signifie que la Fédération et La Poste s'en remettent aux compétences et aux insuffisances des uns et des autres. D'où, sans doute, des manifestations de qualité variable. Et si on laissait un peu moins de place au hasard ? Peut-être serait-il temps de mettre au point un guide pour les organisateurs... Histoire de retenir les leçons du passé, d'établir un calendrier, de mettre en avant les actions couronnées de succès et de prévenir les couacs. Les équipes dirigeantes des associations changent. Il n'est pas normal qu'elles doivent partir de zéro à chaque fois. La Fête du Timbre existe depuis plus de cinquante ans. Ça ne devrait être ni un éternel recommencement, ni une découverte perpétuelle pour les organisateurs.
L'équipe fédérale est elle-même nouvelle. Espérons qu'elle sera celle qui assiéra enfin la Fête du Timbre.

L'amateurisme ne signifie pas nécessairement le misérabilisme. L'essentiel est de bien recevoir le public (voir article sur Harry Potter). Nul besoin de moyens spéciaux pour être attentif et accueillant. Si l'exposition n'est pas uniquement constituée de marques postales préphilatéliques, ce n'est pas plus mal. Quelques thématiques, des classes ouvertes (collections mêlant documents philatéliques et non philatéliques), c'est encore mieux. Aller au devant des visiteurs, répondre à leurs questions, s'abstenir d'expliquer aux néophytes que "les-timbres-ont-plus-de-valeur-si-leur-gomme-est-dépourvue-de-traces-de-
charnières". Pour eux, c'est du charabia. Et, franchement, on a connu mieux pour faire rêver.

Question misérabilisme, on a atteint des sommets avec deux cadeaux destinés aux visiteurs : des mini-loupes ridicules (« loupettes » ?) tout en plastique transparent, déformant plus qu'agrandissant et, surtout, des pinces-tenailles, nuisibles pour les timbres, qui étaient sans doute destinées, à l'origine, aux instituts de beauté pratiquant l’épilation à la dure : deux branches d’acier aux bords épais et saillants, parfaites pour ne jamais saisir un timbre sinon en le froissant, en le pliant ou en le trouant.  pince
Cadeau de La Fête du Timbre...  De loin, ça ressemble à une pince à timbres. Ne vous avisez jamais d'en faire un tel usage, à moins, bien sûr, que vous ne teniez pas à vos timbres...

C'est comme si l'on fournissait un câble trop long de cinq mètres à des adeptes du saut à l'élastique... Même s'il n'y a pas mort d'homme ici, mieux vaut s'abstenir que de donner du matériel si déplorable.
La philatélie a trop souvent une image vieillotte et ringarde pour que la confirmation vienne de l'intérieur. Il serait sage de fournir des lots en plus petit nombre, mais de qualité acceptable.

La Semaine de l'Écrit

Une autre excellente initiative de La Poste mais qui semble avoir été très peu relayée par les responsables postaux locaux. Selon moi, cette semaine d'animations des clubs philatéliques dans les bureaux de poste pourrait être une action de promotion plus efficace que l'habituel week-end .
La Fête du Timbre consiste en effet à (tenter de) faire venir le grand public dans une manifestation philatélique. D'années en années, on constate que les philatélistes constituent le gros des troupes. Avec la Fête de l'Écrit, on va au-devant des clients de La Poste.
C'est sans doute la meilleure initiative prise par La Poste ces dix dernières années en direction de la philatélie.
Encore faut-il que les responsables de club en prennent conscience, que les dirigeants départementaux de La Poste jouent le jeu et que les uns et les autres s'entendent, collaborent, et fassent tout leur possible pour rendre cette semaine d'animation attrayante. Là encore, un guide serait le bienvenu...
J'irais même plus loin : sans attendre cette semaine officielle, on pourrait multiplier ce type d'animations. Pas besoin de grands espaces ni de moyens colossaux. Et pourquoi pas une présence permanente des associations philatéliques dans les bureaux sous une forme originale et renouvelée ?
La Fête du Timbre et de l'Écrit, c'est comme l'impôt, elle revient tous les ans. Ce n'est pas une raison pour la traiter comme un non-événement. C'est, avec le Salon biennal, le seul moment où la philatélie peut faire savoir au public qu'elle est vivante et vivace, passionnante et amusante, culturelle et conviviale. Et aussi un loisir qui reste adapté à cette époque. CJ


(*) Panorama d'une quarantaine de panneaux conçu en 1989 par Georges Bartoli, fondateur du magazine Timbroscopie. Exposée à Philexfrance 89, La Planète des timbres avait été reprise sous forme de kit affiches + livres pour les associations philatéliques.
(**) Association pour le développement de la philatélie. Elle regroupe La Poste, la fédération, le négoce et la presse. Mais son financement est asssuré par La Poste.
Tous droits réservés mars 2007

Vos réactions
La critique positive et constructive est toujours bénéfique ! Les remarques que vous formulez au sujet de la Fête du timbre 2007 rejoignent la réflexion que nous avons eue en réunion de Comité d'administration de notre région philatélique. JR
Vous m'en voyez ravi parce que, selon moi, la solution viendra des collectionneurs, donc des associations, donc de la Fédération. La nouvelle équipe dirigeante semblant ouverte au dialogue et prête à la discussion, le terrain est  favorable.  La Fête du Timbre a été trop négligée et des bonnes volontés ont parfois été déçues. Il faudrait (re)motiver les troupes ! Je n'ai rien contre le fait que La Poste s'intéresse à ce grand rendez-vous annuel, mais il ne faut pas souhaiter qu'elle le prenne en main.
Prenons une métaphore maritime : que La Poste soit l'armateur du bateau, mais que la Fédération reste aux commandes. Les équipages, du second au moussaillon, auront toujours plaisir à faire le boulot, à condition d'être bien pilotés, d'effectuer une bonne traversée, et de ne pas être oubliés en fond de cale à l'escale.

DR 21.6.07

Site de la Fête du Timbre
La Fête du Timbre 2007 sur le site de la Fédération

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