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philatélie [Réflexions, humeurs et conseils] |
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| Oblitérations de complaisance |
| France et Um-al-Qiwain :
même combat ! |
| Les timbres neufs avec gomme intacte revêtus d'une pseudo-oblitération, les philatélistes du monde entier connaissent : c'était un procédé largement utilisé, en particulier dans les années 1970, pour alimenter les pochettes de timbres bon marché destinées aux enfants et aux collectionneurs débutants. Certains pays n'ont eu d'existence philatélique que sous cette forme : Q'aiti, Ajman, Manama, Fujeira, Ras-al-Khaima, Sharjah et autres confettis sablonneux de la péninsule Arabique dont le moins qu'on puisse dire est qu'ils n'en ont pas tiré une réputation philatélique impérissable... D'autres pays s'y sont essayés plus ou moins longtemps comme la Russie, la Pologne, la Hongrie, la Bulgarie, Cuba, dévalorisant ainsi durablement leur philatélie pourtant ancienne et estimée. D'autres encore, comme le Laos, Saint-Thomas-et-Prince, plusieurs pays d'Afrique francophone et la Corée du Nord ont poursuivi cette pratique. À cette liste peu glorieuse, il faut désormais ajouter un nouveau venu : la France. | |||
On est loin de la
règle des huit semaines que La Poste applique aux collectionneurs...
Ces oblitérés de complaisance ne sont pas les premiers, en France. En 1989, La Poste avait participé au lancement du magazine Timbroloisirs en offrant, avec le premier numéro, une pochette contenant quelques timbres. Il ne s'agissait alors que de timbres-taxe dont l'usage avait été abandonné quelques mois plus tôt (2). Par la suite, La Poste s'était empressée de ne pas renouveler l'opération et de refuser toutes les autres sollicitations que, sous peine d'être accusée de favoritisme, elle aurait dû accepter. Mais, entre temps, elle avait compris son erreur. Car de telles oblitérations de complaisance, si elles sont acceptables pour de petits pays ou pour des philatélies "bas de gamme", ne le sont pas pour des Postes prétendant entretenir une philatélie de qualité, de valeur, et de standing. Il y a vingt ans, La Poste s'était donc dit qu'on ne l'y reprendrait pas deux fois. Elle a effectivement été accusée d'avoir fait une faveur au magazine philatélique de Georges Bartoli. En réalité, elle avait reconnu son erreur et ne l'avait pas renouvelée... Mais c'était La Poste de 1988. Celle-ci ne semble plus régie par les mêmes objectifs ni les mêmes réticences. A-t-elle au moins mesuré les conséquences d'une telle pratique ? Où est le problème, me direz-vous ? C'est une question de fond, non de forme. Un timbre neuf a une certaine valeur correspondant à un service (public) à rendre. Tant pour une lettre, tant pour un écopli, etc. Dès qu'il sert, il est annulé pour ne plus servir de nouveau. On a donc un timbre oblitéré qui a rempli son office. D'un autre côté, on a des stocks de timbres invendus qui sont annulés à la chaîne ou,pire, des timbres dont l'oblitération est imprimée en même temps qu'eux. Qu'obtenons-nous ? Des apparences de timbres. Des "ersatz" de timbres. De loin, ça ressemble à des timbres mais ce ne sont que des bouts de papier imprimés n'ayant jamais eu la moindre valeur, qu'elle soit postale, monétaire, ou d'un point de vue de la collection. Rien à voir avec de vrais timbres qui ont ou qui vont remplir leur mission d'affranchissement du courrier. Pour un collectionneur débutant, cela ne fait pas de différence. Les lecteurs des Éditions Fabbri devraient être satisfaits. Mais la philatélie française n'a rien à y gagner. Ces oblitérations factices déprécient le timbre. Elles le transforment en un vulgaire prospectus publicitaire comme ceux qui sont distribués dans la rue avant d'être jetés. La Poste relance une pratique que la plupart de ses homologues étrangères ont abandonnée depuis des lustres et elle ouvre un nouvel épisode de dévalorisation du timbre français. Comment fera-t-elle, désormais, pour refuser d'autres opérations promotionnelles de ce type et comment évitera-t-elle que nos timbres soient un jour classés dans des albums titrés "Émissions de fantaisie", juste à côté de ceux d'Um-al-Qiwain ? 28.1.09
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| (1) On ne peut que
soutenir cette initiative des Éditions
Fabbri, la dernière en date pour parler de timbres au grand public. Si
je suis plus réservé sur la qualité rédactionnelle et le choix des
sujets, si le coût final s'annonce très élevé (n'oublions pas qu'il
s'agit d'une opération commerciale...), rares sont les éditeurs qui
misent aujourd'hui sur la philatélie pour lancer des séries de
fascicules. (2) En France, les timbres-taxe ont été supprimés le 18 novembre 1988. |
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