Ma philatélie
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Une Marianne européenne le 1er juillet prochain
La Marianne de l'ère sarkozienne sera émise le 1er juillet 2008, jour de la prise de présidence de l'Union européenne par la France. Beaucoup de premiers jours en perspective, ce jour-là. Un communiqué de La Poste du 26 octobre indique qu'à la demande de Nicolas Sarkozy, un concours est lancé sans délai parmi les artistes professionnels du timbre. Date limite de rendu des copies : le 16 novembre.
Pour la première fois, à ma connaissance, c'est l'Élysée qui a fixé les règles du jeu. On sait déjà que ce sera une Marianne et aucun autre symbole républicain ou national. Une Marianne européenne. Contrairement aux habitudes, il n'y aura pas de présélection : toutes les maquettes seront transmises à la présidence et ce sera le président en personne qui choisira le dessin.
Voilà les règles clairement annoncées.
Espérons que Nicolas Sarkozy a un goût sûr.
CJ
8.11.07

22 octobre 2007
Président-philatéliste et défenseur du timbre
Aujourd'hui, plusieurs acteurs de la philatélie, dont la Fédération, ont reçu une lettre de Nicolas Sarkozy dans laquelle celui-ci confirme sa " passion du timbre et de la philatélie. [...] une ouverture au monde, à l'histoire et aux grands événements." Défenseur d'une certaine tradition, le président de la République a demandé à La Poste de produire 30 % de timbres en taille-douce. Il se dit confiant dans l'avenir du timbre "à condition aussi qu'il sache s'adapter à la culture du XXIe siècle." Pour toutes ces raisons, il a demandé à La Poste d'engager un débat avec les philatélistes dans le cadre d'"états généraux de la philatélie".
On savait Nicolas Sarkozy présent sur tous les fronts. Il l'est aussi sur celui du timbre et de la philatélie.
À lire : la lettre de Nicolas Sarkozy (site de la Fédération française des associations philatéliques)
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Nicolas Sarkozy,
président de la République française et
collectionneur de timbres
Il y a quelques semaines, je me posais la question de savoir si Nicolas Sarkozy est toujours philatéliste. L'absence de collection dans sa déclaration de patrimoine, avant son investiture, m'en avait fait douter.  Ce patrimoine ayant été mis en cause à plusieurs reprises, notamment lors de sa déclaration d'impôt sur la grande fortune (ISF), Nicolas Sarkozy a lui-même demandé un état des lieux à la Direction générale des impôts (DGI), alors qu'il n'était encore que candidat à la présidence.
La réponse de la DGI, rapportée par le quotidien Le Monde, confirme ce que j'écrivais alors : "sa collection de timbres n'a pas à figurer dans cette déclaration". La grande incertitude levée n'est donc pas dans les critères de l'ISF mais dans le fait que le fisc parle de la collection au présent. Elle existe donc toujours, même si elle n'apparaît pas dans la déclaration de patrimoine pré-élyséenne.
 
Le président de la République française philatéliste ? J'en avais eu une confirmation récemment, lorsqu'on m'a communiqué des articles parus en juillet dans deux hebdomadaires nationaux, Le Journal du Dimanche et Le Point. On y voit Nicolas Sarkozy dans son bureau du Faubourg Saint-Honoré et, sur un coin de table, à côté de dossiers brûlants sur l'emploi, les retraites, la sécurité nationale, la croissance, l'immigration (j'imagine !)... un gros classeur frappé du logo d'un fabricant de classeurs allemand bien connu (1). 

N Sarkozy, collection de timbres à l'Elysée
Au coin gauche du bureau présidentiel, sur le devant, un gros classeur bleu de la marque allemande Leuchtturm. Tout porte à croire qu'il contient des timbres... Article paru dans Le Point du 19 juillet. La légende précise : «le bureau présidentiel est la pièce la plus polyvalente du "château"». Elle ne croit pas si bien dire. 

Non seulement la collection existe toujours mais elle a droit de cité à l'Élysée ! C'est plutôt rassurant. Quoique présent sur tous les fronts, gérant en direct les affaires de l'État, cet homme semble trouver quelques instants à consacrer à ses timbres. Sans doute des plages de calme au milieu d'un tourbillon de responsabilités. Et une gestion maîtrisée du temps.

C'est également un bel exemple du pouvoir d'attraction de la philatélie et de sa capacité à effacer les barrières sociales. Depuis vingt ans, j'ai rencontré des collectionneurs de toutes conditions et, notamment, des gens importants, juristes, hauts fonctionnaires, médecins, capitaines d'industrie, professeurs d'université. Des personnages fort respectés dans leur domaine. Cela se sentait, au premier abord. Mais dès qu'on parlait timbres, la glace était rompue. Tout à coup, j'avais en face de moi des gens simples, enthousiastes, avides d'apprendre, d'échanger, fiers de montrer leur collection pas toujours extraordinaire. À l'inverse, j'ai connu des personnes d'un niveau social moins élevé leur faire la nique en philatélie, être de grands connaisseurs auprès desquels les pontes faisaient figure de gamins jouant aux billes.

On oublie trop souvent les pouvoirs et les actions bénéfiques de la philatélie. Elle n'est pas aussi futile qu'elle en a l'air. Du moins si on l'aborde avec un esprit curieux.

Un amateur de timbres à la tête de l'État
, c'est excellent pour l'image de la collection. Car la philatélie est souvent perçue par le grand public comme un loisir passéiste, statique et introverti, autant d'adjectifs qui collent assez peu au tempérament de Nicolas Sarkozy.

Cela me fait penser aux hommes d'
État philatélistes. Les plus importants ont été le roi George V d'Angleterre et le président des États-Unis, Franklin Roosevelt. Les anecdotes à son sujet ne manquent pas. La plus historique est tragique puisqu'elle remonte à Pearl Harbor. Le 7 décembre 1941, peu après midi, à Washington, le président apprend que la base navale du Pacifique a été attaquée dans la nuit par les Japonais. Lorsque le téléphone retentit pour annoncer la terrible nouvelle, le président s'affairait à sa collection de timbres. Alors que les tensions américano-nipponnes étaient à leur paroxysme depuis plusieurs semaines, il se ménageait quelques périodes de détente philatélique.
Il était extrêmement attaché à sa collection. Staline ne s'y trompa pas puisque à plusieurs reprises, il lui fit cadeau de timbres rares de Russie. Philatéliste depuis l'âge de 8 ans, Roosevelt déclarait sans ambages que sa collection l'avait aidé à surmonter l'attaque - encore ! - de polio qui aurait pu ruiner sa vie et sa carrière politique alors qu'il avait 39 ans. Douze ans plus tard, il sera élu à la Maison-Blanche.
On raconte que, le jour de sa mort, le 12 avril 1945, il a passé une dernière heure à feuilleter ses albums.

Durant tous ses mandats, de 1933 à 1945, Franklin Roosevelt a personnellement supervisé les émissions de timbres de la poste américaine. Espérons que Nicolas Sarkozy n'aura pas le même désir... Mais n'oublions pas, en revanche, qu'il devrait choisir lui-même la prochaine Marianne.

Ce sera donc, pour la première fois en France, le choix d'un président-philatéliste.
CJ
PS : en regardant mieux la photo, j'ai l'impression que le livre posé sur le classeur est Les Fables, de La Fontaine. Si c'est le cas, cela signifie que le président a gardé une âme d'enfant. À moins que ce coin de bureau ait été squatté par son fils, Louis.


(1) Merci à GM qui, grâce à son regard affûté, a repéré ce détail !
Tous droits réservés maphilatelie.com 20.9.07

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Finalement l’éditorial de Timbres Magazine, tellement critiqué, a eu un effet positif. BQ

Un effet, c'est certain. J'attendrai les résultats de cette intervention avant d'affirmer qu'il est positif. Si vous relisez mes propos, vous verrez que je me réjouis que Nicolas Sarkozy soit philatéliste et plus encore qu'il le revendique. Je m'inquiète davantage de toute intervention politique dans le cours d'une activité de loisir.

Les "états généraux" de la philatélie, sont une proposition d'Aude Ben Moha, rédactrice en chef de L'Echo de la Timbrologie, reprise par La Poste et validée par Nicolas Sarkozy. De même, le quota de timbres en taille-douce avait été annoncé par Françoise Eslinger, directrice de Phil@poste au congrès fédéral de juin.

Si l'intervention présidentielle permet de réunir autour d'une même table les différentes composantes de la philatélie, tant mieux. Malheureusement, les intérêts des collectionneurs ne sont pas toujours ceux de La Poste, de la presse ou du négoce philatélique. Attention de ne pas en favoriser certains au détriment d'autres.

Le pire serait que ces états généraux aboutissent à l'éclosion d'intérêts particuliers et d'ambitions personnelles au mépris de la philatélie et de l'intérêt des collectionneurs. Croyez-moi, ce risque n'est pas nul. CJ
24.10.07

Selon moi, l'avenir de la Philatélie paraît bien compromis tant que les intérêts des collectionneurs seront conduits par une volonté spéculative. Stéphane-de-Reims
Cette motivation spéculative me semble à l'origine de biens des désillusions. Mais je ne pense pas que ce soit le plus grand danger qui menace la philatélie. Je pense que les intérêts particuliers et certaines ambitions personnelles la menacent davantage. CJ
30.10.07
Autre question concernant Monsieur Sarkozy et la philatélie : va t-il changer de Marianne ? Annie-du-Doubs
Le contraire serait étonnant. Tous les présidents de la République depuis le général de Gaulle ont marqué leur mandat d'une nouvelle Marianne, généralement choisie par eux ou leur entourage proche. Nicolas Sarkozy étant le seul philatéliste -- déclaré -- à l'Élysée, on imagine mal qu'il serait le premier à déroger à cette tradition. Comme je l'indique en fin d'article, son choix est particulièrement attendu car ce sera celui d'un philatéliste attaché à certaines traditions. Mais également celui d'un président voulant donner une nouvelle image de sa fonction. CJ
30.10.07

Si la philatélie sert seulement des intérêts particuliers et des ambitions personnelles c'est bien dommage, car la passion du timbre devrait rester un moyen pour se rencontrer et partager, non un but en soi. Ceci dit, j'éprouve quelques difficultés à percevoir les conséquences des "États  généraux" de la Philatélie, avec ou sans président de la République, dans les associations locales. Stéphane-de-Reims.
La philatélie est un loisirs pour la majorité d'entre nous mais c'est une activité professionnelle pour d'autres. Certains enjeux économiques sont loin d'être négligeables et peuvent donner naissance à des manoeuvres en coulisses. Il y a parfois des pions à avancer, des budgets à remporter, des parts de marché à conquérir, des influences à faire grandir, des ambitions personnelles à imposer. En cela, la philatélie ne diffère pas d'autres activités économiques. Comme vous, je le regrette. CJ
 8.11.07

Changer la Marianne si vite ! Pour une fois qu'elle était vraiment jolie... HB
Il va falloir s'habituer au rythme des quinquennats... CJ
26.1.08


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