Ma philatélie
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Les états généraux de la philatélie
La Poste a ouvert un site sur cette grande consultation nationale. Tout le monde va pouvoir donner son avis, proposer des solutions.
Au risque de passer pour un rabat-joie, ces états généraux me laissent perplexes. Certes, il y aura du bon sens, des idées formidables et d'autres un peu moins géniales.
Mais là n'est pas le problème.

La question véritable est : "que va-t-on faire de tout ça ?".
Et aussi : "QUI va en tirer les conclusions ?".
Autrement dit : "Aura-t-on la volonté politique
de mettre en oeuvre les bonnes solutions qui ressortiront de cette consultation et y consacrera-t-on les moyens nécessaires ?" 

Et c'est là qu'un doute m'assaille...
Croyez-vous que depuis vingt ans La Poste ne reçoive pas des centaines de lettres de critiques et de propositions ? Non, pas des centaines. Des milliers.

Les états généraux vont susciter le questionnement, faire appel à tous les avis et à toutes les solutions individuelles. Autant de pistes, d'idées qui seront rassemblées, analysées. Et, j'espère, rendues publiques. Les états généraux auraient ainsi l'immense mérite de mettre en lumière toutes les propositions/ solutions/ critiques que La Poste gardait pour elle jusqu'ici.

Mais le problème reste que La Poste et la philatélie sont DEUX CHOSES DIFFÉRENTES. Que la première gère la seconde est une aberration. Et si La Poste est la seule à disposer du budget et de l'audience nécessaires pour promouvoir la philatélie, qu'elle confie ces moyens à une instance paritaire.
Cette instance existait. Cela s'appelait l'ADP, l'Association pour le développement de la philatélie. C'est La Poste qui la dirigeait. Elle a fini par la phagocyter.
À ce jour, seul Yvert et Tellier donne l'exemple avec son mécénat au profit de la fédération. Certes, le donateur doit en tirer des avantages ; c'est la moindre des choses. En revanche, Yvert tient sa position d'éditeur et de négociant et ne prétend pas dicter sa loi à la fédération.
Tant qu'on ne comprendra pas que La Poste et la philatélie peuvent avoir des intérêts différents, voire opposés, on n'en sortira pas.

La Poste suit une politique commerciale qui m'agace parfois mais que je respecte toujours. Seulement, on ne peut pas lui demander d'être à la fois juge et partie.
C'est un peu comme
ces industries chimiques qui se glorifient de fabriquer des produits écologiques ou ces compagnies pétrolières qui s'auto-complimentent de financer des programmes de développement durable.
C'est un peu comme cet éleveur qui nourrit bien sa dinde pour en avoir davantage dans son assiette le soir de Noël.
19.12.07

Vos réactions
Que La poste laisse les philatélistes tranquilles ! En France, les problèmes de la philatélie sont partiellement causés par la Poste qui n'a jamais écouté les observations des collectionneurs. Son seul but est de vendre des timbres à des personnes en souhaitant qu'elles ne les utilisent pas. C'est tout bénéfice. La RATP devrait prendre exemple : vendre des tickets pour qu'ils ne soient pas utilisés !
La Poste fait déjà si mal son travail d'opérateur courrier (l'augmentation du tarif du premier échelon pour les lettres à destination de la zone Europe, par exemple). Les délais d'acheminement et l'accueil aux guichets, voilà des préoccupations qui devraient lui être plus immédiates.
Quant aux problèmes de la philatélie, c'est-à-dire des collectionneurs, ils sont de différentes natures. Actuellement, les associations - pas uniquement celles dévolues à la philatélie - ont des problèmes de recrutement et d'encadrement. La presse de loisirs est, elle aussi, affectée. GM
La Poste et la presse sont des entreprises commerciales. La philatélie vit par les collectionneurs. Elle sera d'autant plus vivace que les collectionneurs seront informés, engagés, enthousiastes, connaisseurs, autonomes, ouverts, partageurs. C'est, j'en suis convaincu, un objectif qui revient à la Fédération. Si, dans le passé, la Fédération avait mieux fédéré, il n'existerait pas autant d'associations non fédérées. Belle lapalissade, n'est-ce pas ? Malheureusement, les associations sont confrontées à des difficultés sans cesse croissantes : baisse des effectifs, particulièrement chez les jeunes, image et communication mal maîtrisées, bénévolat en berne, montée d'une lassitude à laquelle La Poste n'est pas tout à fait étrangère (mais pas seule responsable, je le répète !). Le temps du chacun pour soi, dans son coin, est terminé.
Il me paraît inconcevable, par exemple, qu'il n'y ait pas de mode d'emploi pour organiser une manifestation philatélique et, en particulier, la Fête du Timbre qui doit en être à sa 65e édition... On ne peut plus laisser les associations improviser dans le plus grand dénuement.
De nombreuses associations ont une conception traditionnelle voire vieillotte de la philatélie et de la façon de la faire connaître. Elles sont souvent maladroites, démunies, car en décalage avec la société actuelle. En général, les bonnes volontés existent et ne demandent qu'à être guidées.
La Poste communique plus efficacement. Seulement, ce qu'elle "vend", ce n'est pas la philatélie mais des timbres. Et elle ne s'adresse plus - uniquement - aux philatélistes mais à des collectionneurs-consommateurs-réflexes fonctionnant aux coups de coeur, qui passent du timbre au pin's puis au magnets et aux euros en moins de temps qu'il ne faut pour le dire.

Entre ces conceptions "traditionnelle" et "marketing" de la philatélie, je ne vois que la Fédération. Si La Poste veut vraiment aider la philatélie, qu'elle aide la Fédération à redynamiser les associations en lui donnant des moyens. Mais ne laissons pas La Poste dire ce que la philatélie doit être. Si vous regardez en détail le site des états généraux vous verrez que, parmi les "perspectives", on trouve : "Des jeunes se passionnent pour le timbre-poste dès lors qu’on leur propose des activités originales notamment dans le cadre d’ateliers (mail-art, origami…)". Voilà ce que La Poste propose : du timbre mais pas de philatélie. Mais ne la critiquons pas pour ça : CE N'EST PAS LE RÔLE DE LA POSTE DE S'OCCUPER DE PHILATÉLIE. Qu'elle émette des timbres et qu'elle soit un partenaire de la Fédération pour la promotion de la philatélie.

Il y a une autre bonne (?) raison pour ne pas abandonner la philatélie à La Poste : pour des motifs stratégiques ou économiques, sa politique en matière de philatélie peut évoluer du jour au lendemain. La seule constante, ce sont les clubs. Ce sont toujours eux qui tiennent le terrain, qui entretiennent la flamme, bref, qui font le boulot.

Au diable les susceptibilités, les intérêts commerciaux, les ambitions personnelles !
Si l'on veut aider la philatélie, il faut aider les clubs ! CJ
20.12.07

Personnellement, j'ai réglé le problème des nouveautés françaises : ma collection porte uniquement sur des pièces anciennes. Les quelques fois où j'achète des timbres récents, c'est pour affranchir  du courrier ou parce que les timbres me plaisent. J'achète essentiellement sur le site internet de la Poste.
Les émissions actuelles me semblent bien trop nombreuses et, surtout, de qualité bien trop inégale pour que je puisse envisager des achats systématiques. Les tirages sont trop importants pour voir sa collection se valoriser (ce n'est pas la finalité mais... quand même).
Pour ce qui est de l'accueil  des philatélistes dans les bureaux de poste, cela dépend des personnes. Mais les priorités de La Poste sont visiblement ailleurs (ce qui est peut-être normal...)
Je ne vois pas trop comment cela pourrait s'arranger, sauf  à créer des émissions dédiées aux seuls philatélistes en complément des émissions courantes. Je ne pense pas que cela soit très intéressant pour La Poste. De plus, cela existe déjà par ailleurs ( TAAF, Saint-Pierre-et-Miquelon, Monaco, Andorre, etc.) Patrice-de-Thouars

Parce que vous trouvez qu'on n'en a pas en France ? Et les timbres à surtaxe ? Et les blocs ?
ET LES BLOCS-SOUVENIRS ???
CJ
23.12.07

J'ai l'occasion de fréquenter plusieurs clubs où j'essaie d'apporter ma contribution active. Il est curieux de constater les différences d'ambiance. Elles viennent bien sûr de l'encadrement. Mais quand je constate les difficultés à animer ou à développer le côté ludique de notre passion, je me demande si la philatélie peut se passer des collectionneurs de blocs taxes etc. ou autres spéculateurs pour avoir du succès auprès du grand public. Les bénévoles de demain s'intéresseront peut-être davantage aux activités associatives et la gestion des clubs qu'aux timbres. Stéphane-de-Reims.
Il faut de tout pour faire un club. À commencer par des bénévoles qui animent et rendent le lieu convivial. Le reste vient après. Ce ne sont pas nécessairement les grands collectionneurs qui font l'ambiance. Ils peuvent guider et donner envie de se lancer dans une philatélie plus passionnante que le bouchage de case. Mais ceci n'est qu'un élément incitatif au sein d'une association amicale. L'important est que tout le monde y trouve du plaisir. CJ
19.1.08



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