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Petit, isolé du reste du monde,
attaché à ses traditions ancestrales
mais ouvert aux nouvelles technologies, tels sont les paradoxes
apparents du Bhoutan, l'un des plus petits pays du monde
coincé en les
deux plus grands, la Chine et l'Inde. Dernier épisode en
date :
l'émission de deux
timbres en forme de CD au printemps 2008.
En cela,
le petit royaume pratique la continuité puisqu'il
y a trente-cinq ans, il émettait des timbres en formes de
disques 78
tours tenant dans la paume de la main. Auparavant, il avait
créé des timbres gaufrés et
dorés, des timbres en
3D, des timbres lenticulaires, des timbres en plastique
thermoformé...
Autant de fantaisies en parfait décalage avec la
réalité. |
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Car,
à la même
époque, le Bhoutan n'entretenait aucune relation
diplomatique avec un
pays occidental, ignorait la radio, la télévision
(introduite en
1999) et la démocratie, autorisait encore l'esclavage.
Aujourd'hui, le Bhoutan a constitutionnalisé sa monarchie
mais pratique une politique d'exclusion à
l'encontre de sa minorité de langue népalaise.
Alors, pourquoi une telle modernité dans un pays si
rétrograde ? Réponse : business. Au
début des années 1960, un homme d'affaires
américain parvient à entrer dans le pays le plus
fermé du monde et à se faire accepter
dans l'entourage du roi. |
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Timbre-disque
de 1973
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On lui demande comment un petit pays
dépourvu de ressources naturelles et d'industries peut
s'enrichir. Il pense aux timbres. Il n'est pas le premier. D'autres
cailloux, rochers, confettis d'îles s'y sont
essayés avant lui. Cette fois, il frappera fort avec ses
gadgets à n'en plus finir.
Les timbres microsillons de 1973 jouaient l'hymne national bhoutanais.
Les CD de 2008 proposeront de petits documentaires. Le son et l'image.
Simple
évolution technologique. Mais seulement en apparence. Au
coeur de l'Himalaya, le maigre courrier est toujours
transporté par des facteurs à pied,
l'espérance de vie dépasse à peine les
50 ans et l'on pratique l'épuration ethnique.
À qui profitent ces timbres ? |
| 3.1.08 |
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